Alliot-Marie demande de faire appel dans le procès du «gang des barbares»

La ministre française de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a annoncé lundi avoir demandé au parquet de faire appel de certaines condamnations dans le procès du «gang des barbares» jugé pour le meurtre d’un jeune Juif, séquestré et torturé près de Paris en 2006. «Ce matin, j’ai demandé au procureur général près la Cour d’appel de Paris de faire appel des condamnations inférieures aux réquisitions de l’avovat général», a-t-elle déclaré devant la presse à la sortie du conseil des ministres.
Les parties civiles et plusieurs organisations juives avaient dénoncé dimanche un verdict «indulgent» à l’égard des complices de l’accusé principal, Youssouf Fofana, dans le rapt et la séquestration d’Ilan Halimi, et avaient réclamé un nouveau procès. A l’issue de deux mois et demi de procès à huis clos, au cours duquel comparaissaient 27 accusés, la cour d’assises des mineurs de Paris a rendu son verdict vendredi soir. Youssouf Fofana, le chef autoproclamé des «barbares», qui a reconnu avoir porté seul les coups fatals à Ilan Halimi, a écopé de la peine maximale, la prison à vie assortie de 22 ans de sûreté.
Ses 26 coaccusés, mêlés à des degrés divers au rapt, à la séquestration ou poursuivis pour non dénonciation de crimes, ont écopé de peines allant de six mois de prison avec sursis à 18 ans de réclusion, auxquelles s’ajoutent deux acquittements. Les deux jeunes hommes considérés comme les complices les plus actifs ont écopé de 15 et 18 ans de réclusion là où l’avocat général avait réclamé 20 ans pour chacun. La jeune fille qui avait attiré Ilan Halimi dans le piège en le séduisant a été condamnée à neuf ans de prison, contre 10 à 12 ans requis.
Ilan Halimi, un vendeur de téléphones portables de 23 ans, enlevé dans le but d’obtenir une rançon -qui n’a jamais pu être versée-, avait été séquestré et torturé pendant trois semaines dans une cité de Bagneux, en banlieue parisienne. Retrouvé agonisant au bord d’une voie ferrée le 13 février, il était mort lors de son transfert à l’hôpital.Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) s’est dit «inquiet» samedi soir au lendemain du verdict dans le procès du «gang des barbares», en constatant que pour nombre d’accusés les condamnations étaient «en dessous des peines requises». «Le Crif est inquiet, comme l’est la communauté juive de France » et « espère que, s’il y a appel, la législation permettra à ce nouveau procès d’être public », peut-on lire dans un communiqué. «Cette tragédie a été aggravée par le huis clos qui a entouré ce procès et qui lui a retiré la valeur exemplaire et pédagogique qu’il aurait dû avoir», est-il ajouté.
Pour la majorité des condamnés les peines infligées sont légèrement en deçà de celles requises. Samedi, le magistrat Philippe Bilger, qui représentait l’accusation à ce procès, a toutefois défendu la décision de la cour d’assises des mineurs, la qualifiant d’ «exemplaire». «La Cour d’assises a réussi à la fois à porter un regard de rigueur et de sévérité, et en même temps n’a pas occulté le caractère singulier de chacun des êtres qui étaient présents dans le box, c’est une justice exemplaire», a-t-il déclaré sur France Info. «Je ne comprends même pas le procès qui est fait au procès », a poursuivi M. Bilger en référence aux critiques formulées dès l’énoncé du verdict par Me Francis Szpiner, l’avocat de la famille Halimi. Ce dernier a souhaité qu’il soit fait appel des condamnations des complices du rapt et de la séquestration d’Ilan, les jugeant trop clémentes. Le parquet général de Paris devrait dire dans les prochains jours s’il accède ou non à cette demande.

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