Amnesty épingle l’Algérie

Amnesty épingle l’Algérie

À la veille de la visite à Londres du président algérien Abdelaziz Bouteflika, Amnesty International a dénoncé, lundi 10 juillet, la persistance de la torture en Algérie. Un accord doit être finalisé, pendant la visite, permettant l’extradition vers leur pays d’origine d’Algériens soupçonnés par la justice britannique de liens avec le terrorisme.
Dans son rapport, Amnesty affirme qu’en Algérie, « la "guerre contre le terrorisme" sert d’excuse pour perpétuer les actes de torture et autres mauvais traitements commis par (…) le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) ».
«Les coups, les décharges électriques et l’ingestion forcée d’eau sale, d’urine ou de produits chimiques font partie des nombreuses méthodes que les forces de sécurité algériennes continuent à utiliser en bénéficiant d’une impunité constante, » souligne le rapport.
Témoignages recueillis entre 2002 et 2006 à l’appui, l’organisation révèle que «les agents du DRS arrêtent des individus et leur infligent des tortures et des mauvais traitements essentiellement parce qu’ils les soupçonnent de détenir des informations sur des groupes armés». Ces arrestations, qui échappent au contrôle de la justice, autorisent tous les dérapages, comme ces «milliers de personnes [qui] ont «disparu» après avoir été détenues dans des centres secrets dans les années 1990, sans que leur sort ait été élucidé».
Considérant «que les intérêts de la justice et de la sécurité ne peuvent être servis si les détenus sont privés de leurs droits fondamentaux», Amnesty International propose au gouvernement une série de recommandations pour mettre fin aux détentions secrètes et renforcer le contrôle judiciaire.
Amnesty s’adresse directement au président Abdelaziz Bouteflika.
Elle demande au Chef d’Etat de «prendre acte des allégations inquiétantes d’atteintes aux droits humains recueillies dans ce rapport (d’Amnesty) et de s’engager en public à enquêter à leur sujet». «Il doit également veiller à ce que les agents du DRS n’arrêtent plus de suspects et n’en maintiennent plus en détention et à ce que toute personne responsable d’actes de torture ou de mauvais traitements infligés à des détenus soit traduite sans délai en justice », déclare Malcolm Smart, directeur du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International dans un communiqué.
Last but not least, Amnesty demande aux gouvernements étrangers « de mettre un terme aux renvois forcés en Algérie de personnes qui risquent de subir des actes de torture ou autres mauvais traitements ». L’organisation dénonce les "assurances diplomatiques" dont se satisfont les autorités britanniques avant de renvoyer des suspects de terrorisme dans leur pays. Entre les autorités algériennes et l’ONG, le dialogue de sourds risque toutefois de perdurer.

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