Bob Woodward accable Bush

Bob Woodward accable Bush

«State of Denial : Bush at War, Part III» (Etat de déni : Bush en guerre, troisième partie), est le titre du dernier livre du journaliste américain Bob Woodward qui secoue Washington et alimente le débat sur l’Irak, à cinq semaines des élections parlementaires. L’ouvrage fait état de plusieurs rapports confidentiels et conversations privées. Le journaliste vedette du «Washington Post» y affirme que George W. Bush a dissimulé l’ampleur des violences sur les forces américaines en Irak. Énumérant plusieurs rapports confidentiels alarmants transmis à l’administration américaine, Bob Woodward démontre que le président américain a caché, à maintes reprises, la gravité de la situation en Irak en prenant le contre-pied de ces rapports dans ses discours.
M. Woodward, journaliste rendu célèbre par l’affaire Watergate, évoque également plusieurs mises en garde formulées au sein du gouvernement.
En novembre 2003, selon lui, le président et sa conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, ont complètement ignoré les avertissements du principal expert de la Maison-Blanche sur l’Irak, Robert Blackwill.
Dans une longue note de service
à Mme Rice, Blackwill a soutenu que les États-Unis devaient déployer d’urgence jusqu’à 40 000 soldats supplémentaires pour venir à bout des insurgés irakiens. Sa note n’a suscité aucune réponse.
En mars 2003 ainsi, peu avant l’invasion de l’Irak, le vice-président Dick Cheney avait qualifié d’"exagération" l’idée qu’il faille maintenir des centaines de milliers de soldats après la fin des opérations militaires. Or les services de planification du Commandement central (Centcom) estimaient à l’époque qu’il faudrait 450.000 soldats américains pour occuper l’Irak. Dans son livre, M. Woodward dénonce également l’absence de stratégie militaire et l’influence de l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger, farouchement opposé à toute diminution prématurée des troupes en Irak pour ne pas voir se répéter un nouveau Vietnam. Le journaliste est également très dur envers le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld et il reproche à l’ancienne secrétaire à la Sécurité nationale Condoleezza Rice d’avoir ignoré, deux mois avant le 11 septembre 2001, une mise en garde pressante du numéro un de la CIA de l’époque, George Tenet.
«State of Denial» est le troisième livre de Bob Woodward sur les coulisses de la Maison-Blanche depuis le 11 septembre 2001. Les deux premiers – Bush en guerre et Plan d’attaque – brossaient un portrait héroïque du président américain après les attentats terroristes et à
la veille de la guerre en Irak.
Mais visiblement avec ce dernier ouvrage, le tombeur de Nixon ne fait plus de cadeaux.
Embarrassée, la Maison-Blanche s’est empressée de démentir les affirmations du journaliste ; même si ce dernier ne fait que confirmer une idée déjà ressassée : l’administration américaine est divisée et incertaine sur la question de l’Irak. C’est la répétition de ce genre d’accusations qui gêne Washington. D’ailleurs, le président W. Bush est déjà sous le feu des critiques sur l’Irak et ce à la veille des élections de mi-mandat qui s’annoncent périlleuses pour la majorité.


 Une icône journalistique


Né le 26 mars 1943 au sein d’une famille républicaine du Middle-West, Bob Woodward a fait un détour par la marine des États-Unis avant d’aboutir au Washington Post, où il a vite retenu l’attention. Avec son collègue Carl Bernstein, il a dévoilé l’affaire du Watergate, qui a mené à la chute du président Nixon. Auteur d’une douzaine de best-sellers, dont All the President’s Men, qui a inspiré un film mettant en vedette Dustin Hoffman et Robert Redford, Woodward est célèbre pour l’étendue de ses sources au sein de l’appareil gouvernemental. Il a obtenu la collaboration du président George W. Bush pour ses deux premiers livres sur l’administration actuelle, mais pas pour State of Denial.

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