Cannibalisme et viols en R.D. du Congo

«Ils ont tranché les coeurs et autres organes de leurs victimes et forcé les familles (des victimes) à les manger(…). Une fillette a été exécutée, dépecée et ensuite mangée ». C’est ce qu’a affirmé mercredi un porte-parole des Nations-Unies, lorsqu’il a communiqué les résultats d’une enquête menée sur les atrocités dans le nord-est de la République démocratique du Congo. « Ces groupes armés sont composés d’éléments incontrôlables » issus du Mouvement de libération du Congo (soutenu par l’Ouganda) et de deux factions de moindre ampleur, a ajouté Patricia Tome.
Des enquêteurs ont été envoyés dans la région, près de la frontière ougandaise, à la suite de combats qui selon des ONG, ont provoqué la fuite de 155.000 personnes depuis la mi-octobre. Ils se sont poursuivis en dépit de l’accord de paix conclu en décembre pour mettre un terme à la guerre civile en RD du Congo, qui, depuis 1998, a fait, autour de deux millions de morts. « La mission d’enquête a recueilli des témoignages qui parlent de pillages, de viols systématiques ainsi que d’exécutions sommaires et d’enlèvements », a expliqué Mme Tome. « Cela a été présenté à la population comme une campagne de vaccination, incluant le pillage de toutes les maisons et le viol de toutes les femmes » a continué Tome.
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est quant à lui ému mercredi de cette « situation terrible ». Dans une déclaration adoptée à l’issue d’un débat à huis clos, il « condamne dans les termes les plus forts les massacres et les violations systématiques des droits de l’Homme » dans la région d’Ituri. Il n’est pas pour autant question d’étendre le mandat de la MONUC pour qu’il englobe le rétablissement ou le maintien de l’ordre. « Nous avons payé cher au Rwanda et en Somalie pour apprendre qu’il ne fallait pas confier aux Casques bleus des missions qu’ils n’avaient pas les moyens de remplir », a expliqué un diplomate sous couvert de l’anonymat.

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