Chirac : « mémoire et justice » dues aux millions de victimes de l’esclavage


"Cette première journée à la mémoire de l’esclavage et de ses abolitions constitue une étape importante pour la France" a-t-il dit.

De nombreuses manifestations étaient organisées pour cette commémoration.

M. Chirac inaugurait au jardin du Luxembourg à Paris une oeuvre composée de bambous de l’artiste guadeloupéenne Léa de Saint-Julien, qui sera exposée jusqu’au 14 juillet et laissera la place à une stèle commémorative.

Le Premier ministre Dominique de Villepin, plusieurs ministres et les présidents des deux chambres du Parlement étaient présents, ainsi que l’international de football Lilian Thuram, membre du Haut conseil français à l’intégration.

L’humoriste controversé Dieudonné assistait également à la cérémonie.

"Regarder tout notre passé en face est une des clefs de notre cohésion nationale", a déclaré M. Chirac. "C’est une force supplémentaire pour notre avenir car c’est la marque de notre capacité à avancer, ensemble", a-t-il dit.

"Mémoire et justice doivent être rendues à ces millions de victimes anonymes de l’esclavage", a poursuivi le président français.

"Nous devons regarder ce passé sans concessions, mais aussi sans rougir car la République est née avec le combat contre l’esclavage", a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat a souligné que le "combat" pour l’égalité, l’unité, la fraternité, la liberté était "plus que jamais actuel, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières".

"Pour que vive la République, il nous faut lutter sans relâche contre tout ce qui peut l’empoisonner", comme "les discriminations, le racisme".

La France, a-t-il assuré, continuera à mener le combat "pour la mémoire et contre toutes les formes modernes de l’esclavage". "Au-delà de ce combat (…), c’est aussi la diversité française que nous célébrons aujourd’hui. Une diversité, ferment d’unité. Une diversité qui fait notre force et dont nous pouvons, et nous devons, être fiers", a-t-il conclu.

La France a aboli en 1848 l’esclavage sur son territoire et dans ses colonies.

M. Chirac a décidé fin janvier de commémorer cet événement à la date du 10 mai, jour de l’adoption en 2001 par le Parlement français d’une loi qualifiant la traite des Noirs et l’esclavage de crime contre l’humanité.

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