Déchaînement de violences en Irak, reprise du procès de Saddam


Entre-temps, le procès de l’ancien président Saddam Hussein et de sept de ses lieutenants a repris en début d’après-midi à Bagdad.

En l’espace de quelques minutes, l’explosion de deux voitures piégées et d’un kamikaze dans la capitale ont causé la mort d’au moins 27 personnes et blessé plus de 100 personnes, selon des sources policières et hospitalières.

Vingt-trois personnes ont été tuées dans l’explosion d’une voiture piégée à Bagdad Jadida (sud-est), près d’un bureau de poste à une heure de grande affluence, et dans celle d’un kamikaze dans le quartier al-Amine (sud-est). Celui-ci a déclenché sa ceinture explosive dans une file d’attente de personnes attendant de s’approvisionner en fuel domestique.

Quatre autres personnes ont été tuées dans l’explosion d’une autre voiture piégée sur un marché chiite à Karrada (centre).

Par ailleurs, une mosquée sunnite a été la cible d’un attentat à Hourriyah, dans le nord de Bagdad. L’entrée de ce lieu de culte a volé en éclat.

La veille déjà, quatre personnes ont été tuées et 18 blessées par l’explosion d’une bombe devant une mosquée sunnite à Bagdad al-Jadida.

Lundi, le ministère de la Défense avait donné l’ordre à des chars de se déployer à Bagdad et d’arrêter toute personne armée, "quelque soit le parti auquel elle appartient, politique ou religieux" afin de maintenir le calme précaire, après des violences intercommunautaires qui ont fait en une semaine 330 morts à Bagdad, selon la morgue de la ville.

Dans le sud du pays, deux soldats britanniques ont été tués et un autre blessé mardi dans une attaque dans la région d’Amara (365 km au sud de Bagdad), a annoncé le ministère de la Défense à Londres.

Ces décès portent à 103 le nombre des militaires britanniques morts en Irak depuis l’invasion du pays en mars 2003, sur un contingent d’environ 8.000 personnes, dont la plupart sont basées dans le Sud.

Toujours dans le Sud, deux Irakiens ont été blessés dans un attentat à la bombe contre une patrouille italienne à Nassiriyah (375 km au sud de Bagdad).

Sur le plan politique, une polémique a éclaté entre le chef de l’Etat irakien Jalal Talabani et le Premier ministre Ibrahim Jaafari.

Le premier a vivement reproché au second sa visite mardi en Turquie soulignant que tout accord avec ce pays n’aurait "aucune valeur", le gouvernement actuel étant uniquement chargé des affaires courantes.

"La présidence de la République est extrêmement surprise par le voyage de M. Jaafari en Turquie sans qu’il en informe le gouvernement irakien, ce qui est en contradiction avec la loi fondamentale, toujours en vigueur", a affirmé un communiqué de la présidence.

M. Jaafari est attendu en Turquie pour des entretiens consacrés aux violences entre sunnites et chiites en Irak, avait annoncé dimanche le chef du gouvernement turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans le centre de Tikrit (180 km au nord de Bagdad), un attentat à l’explosif a endommagé mardi matin la tombe du père de l’ancien président Saddam Hussein, selon la police.

Le procès de l’ancien homme fort de l’Irak et de sept de ses lieutenants s’est ouvert en début d’après-midi, avec plusieurs heures de retard, devant le Haut tribunal pénal, à Bagdad.

Tous les prévenus étaient dans le box des accusés, alors que deux des avocats de la défense ont quitté la salle.

Saddam Hussein et les autres dignitaires sont poursuivis pour le massacre de 148 villageois chiites dans les mois et les années ayant suivi une attaque du cortège présidentiel en 1982 à Doujaël, au nord de Bagdad. Ils risquent la peine de mort mais plaident non coupables.

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