DSK en résidence surveillée : Repas livrés à domicile et beaucoup de factures

DSK en résidence surveillée : Repas livrés à domicile et beaucoup de factures

Dominique Strauss-Kahn ne peut pas pour l’instant sortir de l’appartement de New York où il a été placé temporairement en résidence surveillée: il va se faire livrer des repas à domicile, loin des restaurants du quartier de Georgetown, à Washington, qu’il affectionne. Le logement du 71 Broadway, situé non loin de Ground Zero, l’une des cibles des attaques du 11 septembre 2001, n’est pas celui où l’ancien directeur du FMI attendra les suites de l’épopée judiciaire qui s’est ouverte avec son inculpation pour crimes sexuels: il lui a été fourni vendredi soir «pour quelques jours» par la compagnie de sécurité chargée de sa surveillance, en attendant de s’installer dans un autre appartement. Ce n’est que dans ce second appartement qu’il aura le droit à un peu de mouvement. Il pourra se rendre sous escorte chez ses avocats, chez le médecin, au tribunal ou à la synagogue, à condition d’avertir justice et police six heures avant. Toujours localisable grâce à son bracelet électronique attaché à la cheville, il sera en outre soumis à un «couvre-feu», de 22 heures à 6 heures du matin. La prochaine audience de DSK, où il devra notamment dire s’il plaide coupable ou non, est fixée au 6 juin. Jusqu’à présent, il nie toutes les charges qui pèsent sur lui. DSK et son épouse Anne Sinclair vivent donc pour quelques jours dans un appartement utilisé par la société Stroz Friedberg pour loger temporairement des personnes à surveiller ou à protéger, informateurs, mafieux repentis ou accusés à risque. La compagnie avait déjà été chargée du contrôle de l’escroc Bernard Madoff, assigné à résidence dans son luxueux appartement de l’Upper East Side avant de plaider coupable et d’être condamné en 2009 à 150 ans de prison. Le couple Strauss-Kahn peut recevoir la visite de parents et d’amis, pas plus de quatre à la fois sans compter la famille, tous fouillés à l’arrivée par le garde armé posté jour et nuit à l’entrée. Les livreurs de pizza ou autres restaurants de ce type qui abondent dans le quartier seront soumis aux mêmes contrôles. Pour un homme habitué à une immense maison de 4 millions de dollars à Georgetown, quartier huppé de Washington, a deux somptueux appartements parisiens, l’un place des Vosges et l’autre dans le XVIe arrondissement, et à un riad à Marrakech (Maroc), la vie change radicalement, même si le souvenir de la cellule de la prison de Rikers Island, où il a passé quatre nuits, relativise certainement le choc. A Washington, où il vivait depuis qu’il était devenu directeur du FMI en 2007, l’homme dont la candidature à la présidentielle française de 2012 était donnée pour acquise il y a encore 10 jours menait une vie discrète, marquée surtout par de longues journées de travail, relatent les journalistes chargés de la couverture de l’organisation financière mondiale. Un chauffeur le conduisait le matin à son bureau au FMI et le ramenait tard le soir. Le couple, qui a beaucoup d’amis, recevait souvent, et avait notamment logé une quinzaine de personnes lors de l’investiture du président Barack Obama, avait raconté Anne Sinclair sur son blog. Le dernier billet de l’ancienne journaliste vedette du petit écran en France date du 12 mai dernier, deux jours avant l’arrestation de son mari à bord d’un vol Air France en partance pour Paris. Si les frais de restaurant du couple vont singulièrement se réduire, il n’en va pas autant des autres coûts : Dominique Strauss-Kahn doit payer la compagnie de sécurité une véritable fortune, sans compter les dizaines d’autres factures dont lui – ou sa femme, héritière d’un marchand d’art réputé – vont devoir s’acquitter, des avocats aux détectives privés en passant par les cabinets de communication.

  Paola Messana (AFP)

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