Etats-Unis : un carnage dans un lycée fait au moins 10 morts

Une fusillade lundi dans un lycée de la réserve indienne de Red Lake 
(Minnesota, nord) a fait une dizaine de morts, dont l'adolescent auteur
des tirs, le pire carnage dans un établissement scolaire aux Etats-Unis
depuis celui de Columbine en 1999.
Le tireur, dont on ignorait toujours les motifs, a d'abord tué son
grand-père, un policier, et sa présumée compagne à leur domicile, dans
une localité rurale à 120 km au sud de la frontière canadienne, selon
les autorités et les médias locaux.

Puis, le garçon, armé d'un fusil et d'au moins un pistolet, est allé à
son lycée, l'Ecole supérieure de Red Lake, où il a tué le gardien et
tiré sur plusieurs élèves et enseignants vers 15H00 (21H00 GMT). Les
autorités ont annoncé que cinq de ces étudiants et un enseignant
avaient été tués et au moins douze autres personnes blessées.
L'adolescent à l'origine de la tuerie s'est, quant à lui, donné la mort
en retournant le fusil contre lui.
"Je l'ai regardé dans les yeux et j'ai couru dans une salle pour me
cacher", a raconté une des élèves du lycée, Sondra Hegstrom, qui, de
l'endroit où elle s'était ainsi réfugiée, a ensuite entendu une
fusillade. "J'ai appelé le 911 (le numéro de la police) à partir d'un
téléphone portable et ils m'ont dit : 'reste assise là-bas et attends
jusqu'à ce que les flics arrivent'", a-t-elle poursuivi, citée par le
journal local The Pioneer. A côté, "on pouvait entendre une fille
disant : 'non, Jeff. Arrête ! Arrête ! Laisse-moi ! Pourquoi fais-tu ça
?’ Pan, pan, pan, et après les pleurs ont cessé", a encore dit
l'étudiante.


Toujours selon le journal, un des lycéens a déclaré que le tireur avait
pointé son fusil sur un garçon, avait changé d'avis, avait souri, et
avait ouvert le feu sur quelqu'un d'autre. Diane Schwanz, une
enseignante, a expliqué au Pioneer que l'adolescent armé avait tenté de
forcer la porte de sa salle de classe : "je me suis jetée à terre et
j'ai appelé les flics". "Personne n'aurait jamais pu penser que ce
genre de violences se produirait dans nos communautés", a-t-elle
commenté.

"C'est sans aucun doute, l'heure la plus sombre dans l'histoire de
notre tribu", a, pour sa part, souligné le dirigeant de la réserve,
Floyd Jourdain. Le gouverneur de l'Etat du Minnesota, Tim Pawlenty, a
présenté ses condoléances "aux familles qui ont perdu ceux qu'elles
avaient de plus chers dans cette tragédie insensée". "Nous demandons
aux habitants du Minnesota d'aider à soutenir les familles et les amis
des victimes qui éprouvent des souffrances inimaginables, en priant
pour eux et en leur envoyant des signes de soutien", a-t-il ajouté dans
un communiqué.

Le lycée de Red Lake accueille plus de 300 élèves, la réserve comptant,
quant à elle, quelque 5.000 habitants, dont de nombreux Indiens de la
tribu Ojibway. Ce massacre dans un établissement scolaire est le plus
meurtrier depuis l'affaire du lycée de Columbine, dans la ville de
Littleton (Colorado) le 29 avril 1999, qui avait traumatisé les
Etats-Unis et suscité un vif débat sur les armes à feu. Deux
adolescents de 17 et 18 ans, Dylan Klebold et Eric Harris, avaient tiré
plus de 200 balles dans la bibliothèque de l'établissement, tuant douze
lycéens et un enseignant avant de se suicider.

Deux autres actes de violence avec armes à feu ont récemment troublé le
pays. Le 12 mars, un homme a ouvert le feu au cours d'un service
religieux de l'Eglise vivante de Dieu, dans un hôtel de Brookfield
(Wisconsin, nord), provoquant la mort de sept personnes avant de se
donner la mort. La veille, un homme de 33 ans accusé de viol, s'était
emparé de l'arme d'une femme policier dans un tribunal d'Atlanta
(Géorgie, sud-est) et avait tué un juge, un greffier, un policier,
puis, un peu plus tard, un agent des douanes. Il s'est rendu à la
police le lendemain.


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