Événement : Moubarak : Saddam est coupable

«J’espère que le gouvernement irakien réalise maintenant la gravité de la situation dans laquelle il s’est placé et nous a tous placés, et que les forces internationales réalisent en même temps les conséquences néfastes de toute action militaire sur la stabilité et la sécurité du Proche-Orient ». Cela raisonne comme une oraison funèbre prématurée à l’égard du régime irakien. C’est une déclaration du président égyptien Hosni Moubarak dans un discours retransmis par la télévision nationale. M.Moubatak considère que cette situation n’est que la récolte des erreurs de plusieurs parties dont la plus grave fut l’invasion du Koweit par l’Irak en 1990 qui a suscité des craintes de plusieurs pays da la région et permis la présence massive de forces étrangères. « L’Irak aurait pu exploiter les 12 années qui ont suivi l’invasion du Koweit pour regagner la confiance de ses voisins et de la communauté internationale et dissiper leurs craintes » a déploré le chef de l’Etat. Bien qu’étant un allié principal des Etats-Unis dans la région, l’Egypte, poursuit M.Moubarak, a déployé tous les efforts possibles pour que la situation n’atteigne pas ce stade de non-retour. « Le spectre de la guerre pèse désormais sur toute la région en raison de l’échec des efforts diplomatiques », a déclaré le président. Le fondement avancé par les américains en ce qui concerne cette guerre est, bien entendu, la nécessité de la disparition du régime irakien. Sur ce point M.Moubarak a souligné que l’Egypte était attachée à certains principes notamment «le refus de toutes les tentatives d’ingérence pour provoquer un changement de régime par la force». Pour le président égyptien, un changement de régime est «une affaire intérieure pour chaque Etat». L’Egypte a indiqué à plusieurs reprises qu’elle ne participerait pas à une intervention militaire en Irak et a appelé régulièrement le président Saddam Hussein à coopérer pleinement avec les inspecteurs en désarmement de l’Onu, qui ont quitté Bagdad mardi. En outre, le chef de l’Etat égyptien a souligné la nécessité «de préserver la sécurité, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Irak». Vu la place privilégiée ( par rapport à tous les alliés des USA dans la région, après Israël) de l’Egypte vis-à-vis de son allié et ami, il faut bien reconnaître que le président égyptien a «osé» dire «quelque chose» qui ressemblerait à une position décente devant les réactions anti-américaines dans la rue égyptienne.

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