Événement : Vague d’indignation à travers le monde

Peu après l’annonce de la mort du Cheikh Ahmed Yassine, les réactions se sont succédé durant toute la journée de lundi. L’administration américaine a lancé un appel au calme à toutes les parties du conflit israélo-palestinien. La timide réaction américaine contraste cependant avec le flot de condamnations énergiques émanant des toutes les capitales mondiales.
Au Vatican, le Pape Jean-Paul II a qualifié la mort de Cheikh Yassine, d’acte « injustifiable dans tout Etat de droit » qui ne fera rien pour promouvoir la paix au Proche-Orient. « Le Saint-Siège s’associe à la communauté internationale pour déplorer cet acte de violence qui ne peut se justifier dans aucun Etat de droit », a déclaré le porte-parole du Pape, Mgr Joaquin Navarro-Valls, dans un communiqué. Dans le monde arabe, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a affirmé lundi à Tunis que l’assassinat d’Ahmed Yassine est l’expression du « terrorisme d’Etat dans sa forme la plus hideuse ». Le roi Abdallah II de Jordanie a ainsi condamné, selon un communiqué du palais royal, la liquidation du fondateur de Hamas, la qualifiant de « crime ». Pour sa part, le président égyptien Hosni Moubarak a condamné «cette lâche agression qui a visé un homme paralysé ». L’Egypte a, par ailleurs, suspendu sa participation aux célébrations organisées en Israël pour commémorer les 25 ans du traité de paix israélo-égyptien de Camp David, en signe de protestation. À Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Réda Assafi a affirmé que « ce crime barbare » prouve, encore une fois, que « l’entité sioniste » considère tous les Palestiniens comme des ennemis qu’il faut abattre, qu’ils soient des chefs spirituels, des dirigeants politiques ou de simples citoyens.
Les réactions des capitales européennes n’ont pas été du reste. Dans une remarquable sortie sur la BBC, le ministre des Affaires étrangères britannique, M. Jack Straw a estimé que «de tels meurtres ciblés, de tels assassinats, sont en dehors du droit international». Et d’ajouter : «Je ne crois pas qu’Israël tirera profit du fait qu’un homme de 80 ans en fauteuil roulant a été la cible de ses assassins». Même son de cloche chez le Haut représentant de l’Union européenne pour la Politique étrangère, Javier Solana, qui a estimé que si l’Union européenne a toujours condamné les exécutions extrajudiciaires, celle-ci est différente.
« Dans ce cas particulier, je pense que la condamnation doit être plus forte, » a-t-il dit. « Cela ne sera pas une contribution constructive, positive, bien au contraire. Cela sera très, très mauvais pour le processus de paix. » Par la voix d’un porte-parole, la Commission européenne a estimé, quant à elle, que cet assassinat est une « source d’inquiétude très sérieuse » qui augure d’une « dégradation de la situation » dans la région du Proche-Orient. À Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin a indiqué que « la France condamne l’action conduite contre Ahmed Yassine ». Une condamnation qui a été relayée par d’autres pays. Seul le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, dont le pays est traditionnellement beaucoup plus réticent à condamner Israël, s’est montré moins net, appelant « toutes les parties à faire plus pour éviter l’escalade ».

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