Fidel Castro se retire du pouvoir

Après 49 ans au pouvoir, le dirigeant cubain Fidel Castro et au terme d’une longue période d’incertitude, a annoncé mardi qu’il renonçait à la présidence, dans un message signé de sa main publié par l’édition électronique de Granma, organe officiel du régime. Opéré aux intestins, Fidel Castro s’est lentement remis de l’intervention. Dans son message, il annonce que «son état de santé critique» ne lui permet pas de poursuivre sa charge de président du Conseil d’Etat et de chef des armées. «Je trahirais par conséquent ma conscience en occupant une responsabilité qui exige de la mobilité et un investissement total que je ne suis pas, physiquement, en mesure d’offrir», ajoute-t-il. «Je vous informe que je n’aspirerai ni n’accepterai, je répète, que je n’aspirerai ni n’accepterai la charge de président du Conseil d’Etat et de commandant en chef», écrit le «Comandante en jefe» dans son message. Héros pour certains, dictateur selon d’autres, Castro, reconnaissable à sa barbe et à son uniforme vert olive, n’a pas été vu en public depuis 19 mois depuis qu’il a confié les rênes à son frère Raul le 31 juillet 2006.  Arrivé au pouvoir à Cuba en 1959, Fidel Castro a mené une révolution qui a inspiré des mouvements gauchistes dans le monde entier.  Castro affirme avoir survécu à 600 projets d’assassinats ourdis par la CIA ou les exilés cubains.
«Je suis vraiment heureux d’atteindre 81 ans. Je ne m’y attendais pas, pas plus que d’avoir un voisin – la plus grande puissance mondiale – qui essaie chaque jour de me tuer», a-t-il déclaré le 21 juillet 2006 lors d’un sommet des présidents d’Amérique latine. Alors que, un an et demi plus tard, Castro bénéficie d’un soutien international renouvelé et entretient d’excellentes relations avec de nombreux dirigeants d’Amérique du Sud, notamment le président du Venezuela Hugo Chavez, comme lui très hostile à George Bush. En envoyant près de 20.000 médecins cubains soigner les plus pauvres, d’abord au Venezuela, et jusqu’au Pakistan, en Indonésie et au Timor-Oriental, le dirigeant cubain a encore élargi le cercle de ses amis et supporters. Mais dans son propre pays, Castro est accusé par ses opposants d’avoir soumis les onze millions de Cubains à la pauvreté collective dans un Etat policier. Son annonce met fin à une carrière politique qui a épousé toute la Guerre froide. En un demi-siècle, Castro aura surmonté l’hostilité des Etats-Unis, échappé à des tentatives d’assassinat planifiées par la CIA et survécu à l’éclatement de l’Union soviétique aux conséquences dramatiques pour l’économie cubaine. Le nom de son successeur à la présidence sera dévoilé le 24 février lors d’une session de l’Assemblée nationale.

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