France : Décès de l’ancien mercenaire Bob Denard

France : Décès de l’ancien mercenaire Bob Denard

L’ancien mercenaire français Bob Denard est décédé samedi, a-t-on appris dimanche auprès de sa famille. «Il est décédé hier», a précisé sa fille jointe par l’AFP, précisant que la famille ne souhaitait faire «aucune déclaration». Bob Denard, 78 ans, était atteint de la maladie d’Alzheimer, qui l’avait empêché d’assister à ses procès en 2006 et 2007, liés à l’organisation d’un coup d’Etat aux Comores en 1995. Il avait été condamné en juillet à une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve, ainsi qu’à une amende de 100.000 euros. Ce n’était pas la première fois que l’ancien sous-officier de l’armée régulière française avait affaire à la justice, lui qui pendant 40 ans avait multiplié les actions militaro-politiques en Afrique. L’ex-mercenaire Bob Denard aura participé en 30 ans à une série de «coups de main» en Afrique et au Moyen-Orient. Atteint de la maladie d’Alzheimer, il avait été dispensé de comparaître au procès qui, en février et mars 2006, avait examiné les circonstances de la tentative de coup d’Etat en 1995 aux Comores et que Denard, associé à 26 autres prévenus, était accusé d’avoir conduite. En juin 2006, il avait été condamné à cinq ans de prison avec sursis pour sa participation à ce coup d’Etat manqué. En juillet 2007, il avait été condamné en appel à quatre ans de prison dont trois avec sursis. Il avait déjà dû auparavant répondre de ses agissements devant la justice, notamment en mai 1999 devant la cour d’Assises de Paris où il répondait de l’assassinat en novembre 1989 du président des Comores, Abderame Abdallah Ahmed. Né le 7 avril 1929 à Bordeaux (Gironde), Bob Denard (dont le véritable nom est Gilbert Bourgeaud) est d’abord quartier-maître dans les commandos de la Marine nationale en Indochine et en Algérie jusqu’en 1952, date à laquelle il quitte l’armée et devient policier au Maroc.
En 1961, Bob Denard quitte son emploi de démonstrateur dans une société parisienne d’électroménager, et part comme mercenaire pour l’ex-Congo belge, aujourd’hui République Démocratique du Congo, où il se met au service des rebelles du Katanga.
Il rejoint ensuite les forces royalistes de l’iman Badr au Nord-Yémen, et dans les années 70, forme des mercenaires pour mener des opérations en Angola (1975), au Cabinda (1976), et en Rhodésie, l’actuel Zimbabwe (1977).
Bob Denard intervient pour la première fois en 1975 aux Comores pour chasser Ahmed Abdallah du pouvoir. Trois ans plus tard, il le réinstalle au sommet de l’Etat en renversant son successeur, Ali Soilih. Il devient alors commandant en chef des forces armées comoriennes, et chef de la garde présidentielle de 1978 à 1989.
Peu après l’assassinat d’Ahmed Abdallah, il se réfugie en Afrique du Sud, et ne rentre en France qu’en 1993. Quelques mois plus tard, il est condamné à cinq ans de prison avec sursis pour le coup d’Etat manqué au Bénin en janvier 1977. Il était depuis 1991 sous le coup d’un mandat d’arrêt, le tribunal de Paris l’ayant déjà condamné, par défaut, à cinq ans de prison pour son rôle dans la tentative de putsch. C’est au Comores que Bob Denard fait ses adieux aux armes en 1995, en dirigeant le putsch contre le président Saïd Mohamed Djohar. Marié sept fois, et père de huit enfants, Bob Denard a longtemps vécu entre Paris et le Médoc.

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