Guinée : la crise s’enlise sur fond d’état de siège

En Guinée Conakry, le conflit entre syndicats et gouvernement s’enlise. Chacun des deux camps continue à user des moyens de pression pour obtenir de la partie adverse plus de concessions. Après l’instauration par le président Lansana Conté de l’état de siège dans l’ensemble du territoire, les syndicats, à l’origine du mouvement de grève générale ayant paralysé le pays, ont accepté de revenir à la table des négociations. Mais ils ont posé comme condition préalable à la reprise des pourparlers, la levée de l’état de siège décrété le 12 février.  Les différentes parties devraient pourtant se retrouver samedi dernier pour trouver une issue à cette crise qui préoccupe de plus en plus la communauté internationale. La rencontre constituait un premier pas vers la reprise du dialogue depuis la réactivation de la contestation ayant suivi la nomination, le 9 février (bien février) au poste de Premier ministre d’Eugène Camara, jugé trop proche de M. Conté par les syndicats. «Les réunions sont interdites, tant en public qu’en privé pendant l’état de siège. Nous n’irons pas au palais», a déclaré Yamoussa Touré, secrétaire général adjoint de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), une des centrales à l’origine de la grève générale lancée le 10 janvier et réactivée le 12 février.
«Pour l’instant, la réunion est annulée. Nous demandons la levée de l’état de siège, la sécurité des syndicalistes, l’arrêt des perquisitions de nuit et des tueries », a indiqué, pour sa part, Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la CNTG.
La communauté internationale a multiplié vendredi dernier les pressions en vue d’un règlement négocié de la crise. L’Union Africaine a adopté une résolution condamnant «l’usage excessif de la force» par le gouvernement et a demandé une enquête indépendante sur les violences. Une demande aussitôt rejetée par le ministre guinéen de la Justice, Alseny René Gomez qui a affirmé que les autorités de son pays avaient déjà formé une commission d’enquête à la fin du mois dernier. Les syndicats ont refusé de participer à cette commission.
Un calme apparent règne depuis quelques jours en Guinée, sous la pression de l’armée dont des avions de combat ont survolé Conakry samedi après-midi, selon les agences de presse.
Dans les rues de Conakry, la présence militaire a été allégée vendredi, rapporte l’AFP. « Seuls quelques barrages ont été maintenus à des points sensibles de la capitale et – fait inédit – des hélicoptères de l’armée ont survolé le centre-ville dans l’après-midi», souligne l’agence française.  Les troubles déclenchés début janvier par les grèves générales et manifestations hostiles au pouvoir ont fait au moins 113 morts. L’état de siège, qui limite les libertés individuelles et instaure notamment le couvre-feu, a été décrété par Lansana Conté pour mettre fin à ces manifestations.

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