Hugo Chavez à Moscou pour discuter armes et pétrole

Le président vénézuélien Hugo Chavez, à la tête du 5e pays exportateur de pétrole au monde, a annoncé mardi à son arrivée à Moscou qu’il allait discuter d’achats d’armements russes et d’une série d’accords de coopération énergétique et financière. «Nous voulons la paix mais nous voulons aussi renforcer notre défense», a-t-il dit, cité par l’agence russe Interfax, peu après son arrivée à l’aéroport moscovite de Vnoukovo pour sa cinquième visite en Russie. Selon des sources russes, le Venezuela, fort de ses pétrodollars, étudie l’acquisition de systèmes de missiles sol-air TOR-M1, de sous-marins et de chars russes. M. Chavez, chef de file de la gauche radicale en Amérique latine et grand pourfendeur des Etats-Unis, a entrepris une modernisation en profondeur de l’armée vénézuélienne pour répondre à ce qu’il qualifie de «menaces» américaines. Ces dernières années, la Russie a déjà vendu au Venezuela pour 3,5 milliards de dollars d’équipements militaires – dont 24 avions de chasse Soukhoï, 50 hélicoptères de combat et 100.000 fusils d’assaut Kalachnikov – une coopération très mal vue par les Etats-Unis. Le leader vénézuélien, qui cherche aussi à afficher une relation privilégiée avec Moscou face à Washington, doit rencontrer mardi son homologue russe Dmitri Medvedev et son Premier ministre Vladimir Poutine, ex-maître du Kremlin. «Je suis impatient de rencontrer (le nouveau) président (Medvedev), il est très important d’établir une relation personnelle», a-t-il souligné. «La Russie et le Venezuela doivent renforcer leur alliance stratégique et signer, en particulier, une série d’accords dans le secteur pétrolier et gazier», a également déclaré M. Chavez. Le Venezuela, gros producteur d’hydrocarbures, veut renforcer sa coopération avec les entreprises russes du secteur. Le numéro deux russe du pétrole, Loukoïl, présent pour l’heure dans l’exploration, cherche d’ailleurs à y étendre son activité. M. Chavez a aussi évoqué la signature d’un «accord financier» pour la création d’une banque russo-vénézuélienne et appelé à une action commune contre la crise alimentaire qui frappe une partie de la planète. «Nous devons créer un bouclier alimentaire. Là où certains veulent se défendre avec des missiles, nous voulons créer un bouclier contre la faim», a-t-il lancé dans une allusion au projet de bouclier de défense américain en Europe de l’Est.

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