Inauguration d’un centre spatial

«Nous devons avoir une présence active et efficace dans l’espace», a dit le président Mahmoud Ahmadinejad, dans une allocution prononcée sur place et diffusée sur la télévision d’Etat. La télévision a diffusé des images d’un site en plein désert sur lequel se trouvait une fusée, ressemblant au missile Shahab-3, en position verticale sur son camion de transport, avant d’en montrer le lancement. Aucune précision n’a été donnée sur la portée et la puissance de la fusée, qualifiée d’engin «de recherche». Le président a «inauguré le premier centre spatial construit localement, comprenant le satellite Omid (Espoir), une station de contrôle souterraine et un pas de tir», selon l’agence officielle Irna. Selon l’agence Isna, le site de lancement se trouverait près de Semnan, dans le nord, où est situé le centre d’essai des missiles iraniens. Irna a précisé qu’une fusée semblable sera utilisée pour le lancement du satellite de recherche Omid, prévu «au cours de la prochaine année» iranienne, qui commence le 21 mars. L’inauguration de ce centre devrait relancer les craintes des Occidentaux sur l’objectif ultime du programme spatial iranien, alors que l’Iran est sous une pression croissante de la communauté internationale pour suspendre son programme nucléaire. «Aucune puissance ne peut aller contre la volonté de la nation iranienne», a dit M. Ahmadinejad, en s’élevant contre «le système dominant qui humilie les peuples et les nations en insinuant qu’ils sont des incapables». Le programme de missiles iraniens fait l’objet, avec son programme nucléaire, de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Un troisième train de sanctions est en préparation au Conseil afin de forcer l’Iran à suspendre notamment son enrichissement d’uranium, mais Téhéran a d’ores et déjà annoncé qu’il ne se pliera pas à cette exigence.
Les Occidentaux estiment que le programme balistique iranien n’a pas d’autre objectif que de servir le programme nucléaire. L’Iran, qui est coutumier des annonces sur l’introduction d’armements sophistiqués, avait affirmé en février 2007 avoir testé avec succès sa première fusée spatiale. Elle avait atteint, selon les responsables iraniens, une altitude de 150 km. Une hauteur la plaçant techniquement dans l’espace, qui commence à 100 km selon la Fédération internationale de l’aéronautique, mais restant insuffisante pour placer un satellite en orbite basse. La République islamique ne dispose actuellement que d’un satellite, Sina-1, fabriqué en Russie et mis en orbite en octobre 2005 par une fusée russe Kosmos-3M depuis le pas de tir russe de Plessetsk.

• Pierre Celerier (AFP)

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