Irak : Bush persiste et signe

Irak : Bush persiste et signe

À l’occasion au premier anniversaire du soi-disant transfert de souveraineté aux autorités irakiennes, le président américain George W. Bush a préféré du s’adresser à ses troupes qu’au peuple américain qui commence à contester de plus en plus sa politique en Irak. Abandonnant son bureau ovale de la Maison-Blanche, le président des Etats-Unis a opté pour le Fort Bragg, en Californie du Nord, pour adresser son nouveau message. Le président s’est fixé comme objectif de convaincre ses compatriotes de l’utilité de la présence de ses troupes dans le pays. Devant un millier de soldats, l’artisan de la guerre en Irak a déclaré que le retrait n’est pas encore à l’ordre du jour, écartant tout calendrier pour ledit retrait. Bush a estimé que l’instabilité qui règne oblige les Américains à maintenir le cap. Dans son discours, Bush est resté vieux jeu. Avançant toujours les mêmes arguments, Bush ne s’est pas gêné à multiplier les références aux attentats du 11 septembre 2001 pour défendre sa stratégie et ressouder l’adhésion de l’opinion à cette bataille de la "guerre contre le terrorisme ".
«Le seul moyen pour nos ennemis de réussir est que nous oublions les leçons du 11 septembre, que nous abandonnions le peuple irakien à des hommes comme Zarkaoui,…», a déclaré le président américain.
Un discours qui devient classique. Et comme c’est devenu une tradition, le président américain a, de nouveau, cité l’ennemi numéro un des Etats-Unis, Oussama ben Laden, le chef du réseau Al-Qaïda toujours en fuite en dépit d’une gigantesque chasse à l’homme.
Il n’a, par ailleurs, pas hésité à décrire tous les insurgés d’Irak comme des membres du groupe du terroriste jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui, l’homme d’Al-Qaïda en Irak, pour mieux renforcer le parallèle entre les attaques contre New York et Washington qui avaient fait près de 3.000 morts et les difficultés irakiennes.
«Nous combattons des hommes animés d’une haine aveugle, équipés d’armes meurtrières, qui sont capables de toutes les atrocités. Ils essaient d’ébranler notre volonté en Irak ; tout comme ils ont essayé d’ébranler notre volonté le 11 septembre 2001 », a ajouté M. Bush.
Ainsi, il retrouve son style oratoire qui employait dans certains de ses discours prononcés après le 11 septembre.
Son discours coïncide avec la publication de sondages illustrant les réticences croissantes de l’opinion sur l’Irak. Pour la première fois, selon un sondage publié mardi dans le Washington Post, plus d’un Américain sur deux estime que Bush a "intentionnellement trompé" l’opinion sur les raisons d’entrer en guerre. Pour 57% d’entre eux -un record- l’administration a exagéré les arguments selon lesquels le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive.
Pour la première fois également, la moitié des Américains pensent que la guerre en Irak ne s’inscrit pas dans le contexte global de la "guerre contre le terrorisme " engagée au lendemain du 11 septembre, selon un sondage publié mardi par USA Today. En mars encore, 60% des Américains croyaient que l’Irak de Saddam Hussein avait soutenu directement le réseau Al-Qaïda, qui a revendiqué le 11 septembre. Ceci s’explique par la violence qui ne cesse d’augmenter en Irak de jour en jour. Après un long sommeil, le peuple américain semble enfin se réveiller pour voir la vérité en face. Ils ont finalement compris que la guerre en Irak est loin d’être une guerre contre le terrorisme que Bush ne cesse de prôner. Hélas, le réveil a été un peu tard.

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