Irak : La barbarie continue

Irak : La barbarie continue

Chaque jour en Irak apporte avec lui son lot de victimes. Hier, quatre personnes, dont un policier, ont été tuées suite à des heurts entre miliciens du chef chiite radical Moqtada Sadr et la police. Quatorze autres personnes, en majorité des civils, ont été blessées lors de ces accrochages.
La réaction du Premier ministre irakienne a été rapide. Iyad Allaoui a mis en garde M. Sadr contre toute poursuite des violences : « Nous lui avons demandé, à lui et à d’autres, de respecter la loi et de respecter les moyens pacifiques. Toute poursuite de l’usage de la force sera gérée par le gouvernement irakien avec sérieux et force ».
Le scandale de la prison d’Abou Ghraib, quant à lui, connaît de nouveaux rebonds. Les anciens détenus irakiens qui affirment avoir étés torturés à la prison d’Abou Ghraib passent à l’offensive. Leurs avocats ont annoncé poursuivre deux sociétés sous contrats employés par l’armée américaine en Irak. Deux sociétés américaines sont donc dans le collimateur des avocats. Il s’agit de Titan et CACI International. La plainte déposée par le Centre américain des droits civiques (CCR) et par un cabinet d’avocats de Philadelphie (Pennsylvanie, est) accuse les deux firmes de complicité dans les sévices infligés à des prisonniers. Le motif est d’obtenir des contrats supplémentaires auprès du gouvernement américain, a précisé le CCR. Ce dernier affirme que Titan et CACI International ont participé et mené des tortures à la prison d’Abou Ghraib. Viol, port de cagoules, détention dans l’obscurité, coups avec bottes et chaînes, ou le fait d’uriner sur les détenus sont les principales chefs d’inculpations. La plainte cite explicitement trois individus. Sont montrés du doigt deux traducteurs de CACI (d’Arlington, Virginie, est), et une troisième personne travaillant pour le compte de Titan (Californie, ouest). La tâche de CACI et Titan en Irak consiste à fournir des services de traduction et d’interrogatoires pour le compte des agences américaines. « Ces sociétés ont vu une opportunité de faire des affaires en extorquant des informations des détenus en Irak », a indiqué un des avocats, Susan Burke, du cabinet Montgomery, McCracken, Walker and Rhoads de Philadelphie.
Titan a vite nié toutes relations avec les tortures perpétrées à l’encontre des prisonniers irakiens. Son porte-parole, Ralph Williams, a qualifié les accusations du Centre américain des droits civiques de « fantaisistes ». En fait, la plainte indique que ces deux sociétés étaient de plus en plus dépendantes des contrats du gouvernement pour assurer leurs revenus.
La presse américaine avait auparavant mentionné la présence des employés de ces deux sociétés à la prison d’Abou Ghraib, près de Bagdad. À la fin du mois de mai, elle avait révélé que des interrogateurs civils et d’autres employés de sociétés travaillant pour l’armée américaine étaient présents dans cette prison.
Le “Wall Street Journal” avait cité le nom de Titan dans ce scandale. Il avait fait état d’un traducteur employé par cette société de San Diego qui aurait participé à des actions pour humilier des prisonniers irakiens.
Après le “Wall Street Journal”, c’était au tour du “Washington Post” d’apporter un supplément d’information. Selon ce journal, un traducteur aurait été vu violant un adolescent hurlant de douleur. L’épisode d’Abou Ghraib promet de nouveaux rebondissements. Affaire à suivre.

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