Irak : Le pouvoir change de main

Irak : Le pouvoir change de main

Deux mois après les élections générales et après environ un mois de négociations, les membres du nouveau gouvernement irakien, sous l’occupation américaine, commencent à être connus. Apparemment, les chiites s’attribueraient de seize à dix-sept des portefeuilles avec, notamment, les ministères de l’Intérieur, des Finances et du Conseil de la sécurité nationale. Les Kurdes, quant à eux, auraient entre sept on huit ministères, dont celui des Affaires étrangères et souhaitent aussi celui du Pétrole. Les sunnites, grands perdants des élections générales, auraient quatre à six ministères, dont peut-être celui de la Défense. Enfin, les chrétiens et les Turcomans auraient un ministère pour chacun.
Selon Rayes, une négociatrice chiite, la présidence de l’Etat reviendrait au Kurde Jalal Talabani et le poste de Premier ministre au chiite Ibrahim Jaâfari. Un sunnite se verrait attribuer le fauteuil de président de l’Assemblée nationale.
D’après la même source, en déclaration à l’AFP, les négociations vont reprendre aujourd’hui mercredi avec les Kurdes après la célébration de la fête de Norouz, le nouvel an kurde, qui est célébré depuis dimanche dernier. Quant à l’inclusion dans l’exécutif de la liste du Premier ministre sortant Iyad Allaoui, un chiite laïc, elle a estimé qu’il avait "de très faibles chances de participer au gouvernement".
Parallèlement, Allaoui a pressé le président par intérim de l’Assemblée nationale, cheikh Dhary Al-Fayadh, d’"accélérer la formation du gouvernement irakien", selon un communiqué de son service de presse. Une source kurde a confirmé les informations de Rayes, alors que selon un "responsable de l’Union patriotique du Kurdistan", cité par le journal du député chiite Ahmad Chalabi, «Al-Moutamar», "le gouvernement aura 16 ministres chiites, huit kurdes, six arabes sunnites, un chrétien et un turcoman".
Au moment où la course vers les chaises du Parlement s’intensifie, la violence, elle, persiste encore plus. Dans le quartier de Doura, situé à l’entrée sud de Bagdad, des assaillants à bord de trois voitures ont ouvert le feu contre des passants et des magasins près de la mosquée chiite Sadr, a indiqué une source de l’armée irakienne. "Les commerçants et une patrouille de police ont riposté, tuant trois d’entre eux et en capturant trois autres", a affirmé la même source.
Selon l’hôpital Yarmouk, cinq personnes, dont une femme et trois enfants, ont été blessées dans l’attaque. Par ailleurs, le chauffeur d’un haut fonctionnaire du ministère irakien de l’Intérieur a été assassiné par balles mardi matin dans le même quartier de Doura, alors qu’il se rendait à son travail, selon une source au ministère.
L’un des chef de la police de Doura, le colonel de police Salem Zajay, avait affirmé récemment que beaucoup de crimes dans son quartier avaient des motivations confessionnelles. "Les sunnites veulent chasser les chiites après avoir réussi à le faire avec les chrétiens", avait-il dit. Enfin le chef de la police de la province de Diyala, au nord de Bagdad, a affirmé hier mardi avoir arrêté la semaine dernière 30 personnes, qui appartenaient à trois groupes auteurs de décapitations, de meurtres et de viols. Certains membres du groupe appartiendraient à l’organisation du terroriste jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui, affilié au réseau terroriste Al-Qaïda et à Ansar al-Islam.
Le quotidien du citoyen irakien est réduit à des violences en continu. La constitution définitive d’un gouvernement irakien pourra-t-elle mettre fin à cette situation et prendre enfin les choses en main?

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