Italie : ça se passe mal pour Berlusconi

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a vécu un vendredi noir à un mois des législatives, avec son inculpation pour corruption et la perte en moins de trois semaines d’un second ministre impliqué dans une affaire d’espionnage politique. Ces deux annonces interviennent alors que la coalition de centre-droit de M. Berlusconi affronte une campagne électorale difficile, où les sondages la donnent en retard sur la coalition de centre-gauche de Romano Prodi.
En milieu de journée, le parquet de Milan (nord) a demandé le renvoi en justice de M.Berlusconi et de l’avocat britannique David Mills pour "corruption en actes judiciaires", une requête qui équivaut à une inculpation en Italie et constitue la dernière étape avant la fixation d’un éventuel procès par un autre juge. Le parquet a estimé avoir suffisamment d’éléments pour démontrer qu’un virement de 600.000 dollars effectué en 1997 par la Fininvest, la holding de la famille Berlusconi, sur un compte bancaire ouvert au nom de David Mills, a servi à soudoyer l’avocat pour qu’il livre de faux témoignages dans deux procès intentés à la fin des années 90 à Silvio Berlusconi."Encore une fois, et juste à la veille des élections, certains magistrats renoncent volontairement à la recherche de la vérité pour poursuivre des buts politiques", a réagi Sandro Bondi, coordonnateur national du parti Forza Italia de M.Berlusconi, qui accuse depuis des années les juges de lui nuire. L’inculpation est née d’une autre procédure judiciaire, toujours en cours, et dans laquelle il est soupçonné de fraude fiscale dans le rachat de droits cinématographiques par son groupe audiovisuel Mediaset. Cette affaire a rebondi en Grande-Bretagne, où David Mills est aussi l’époux de Tessa Jowell, ministre de la Culture, des Médias et des Sports du gouvernement de Tony Blair. Le couple a annoncé samedi sa séparation. Après son inculpation, Silvio Berlusconi a dû affronter vendredi après-midi un autre coup dur, avec la démission de son ministre de la Santé, mis en cause dans une affaire d’espionnage. Francesco Storace, haut dirigeant d’Alliance nationale (AN, droite conservatrice), a présenté sa démission deux jours après l’affirmation par plusieurs médias italiens que son entourage avait tenté d’espionner Alessandra Mussolini et Piero Marazzo, ses adversaires aux élections pour la présidence de la région de Rome (Latium) en avril 2005.

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