La convention démocrate débute sous le signe d’une unité retrouvée

La convention démocrate débute sous le signe d’une unité retrouvée

La convention nationale du parti démocrate à Denver (Colorado, ouest) a débuté lundi sous le signe de l’unité retrouvée, l’ancienne candidate à l’investiture du parti, Hillary Clinton, devant appeler ses fidèles à voter pour Barack Obama. L’annonce dimanche de cette décision par un responsable démocrate lève une hypothèque sur l’intronisation du sénateur de l’Illinois, qui pourra ainsi entamer ses deux derniers mois de campagne, fort d’un parti officiellement ressoudé après des primaires longues et âpres. Si M. Obama, 47 ans, est assuré, depuis juin, d’obtenir la majorité des 4.200 délégués démocrates, nécessaire pour décrocher l’investiture, l’attitude des partisans de Mme Clinton, dont le nom figurera sur les bulletins de vote de la convention, aurait pu jeter une ombre sur sa victoire. Un responsable démocrate a indiqué dimanche que Mme Clinton les laisserait libres de voter s’ils le veulent pour Obama, lors du scrutin prévu mercredi. Le camp du candidat républicain John McCain a tenté d’attiser les braises dimanche en prenant fait et cause pour Mme Clinton, à qui M. Obama avait préféré la veille le sénateur Joe Biden, un expert en politique étrangère, pour former le «ticket» démocrate. Hillary Clinton s’exprimera devant la convention mardi soir et son mari, l’ex-président Bill Clinton, souvent très critique à l’encontre de M. Obama durant les primaires, parlera mercredi soir, quand le vote solennel d’investiture aura lieu. Le «cas Clinton» apparemment résolu, la grand-messe du parti, qui s’est ouvert lundi, a  permis aux démocrates de cheminer sans anicroche vers l’apothéose de jeudi soir, lorsque M. Obama s’adressera à une foule de 75.000 partisans dans le stade Invesco de Denver. La présence à Denver de M. Kennedy, atteint d’un cancer incurable, n’a pas été confirmée, mais un hommage doit être rendu en soirée au sénateur de 76 ans, dernier frère encore en vie du président assassiné John F. Kennedy. Dans son adresse, Mme Obama, vice-présidente de l’hôpital universitaire de Chicago et réputée avoir joué un rôle clé dans la candidature de son mari, devrait évoquer le côté humain de celui qui est jusqu’ici surtout apparu comme une «star» de la politique. Dimanche, M. Obama a affirmé que son épouse brosserait de lui un portrait d’«homme ordinaire». Les républicains, a-t-il dit, «essaient de vous flanquer une frousse bleue sur le candidat démocrate». Mais lundi, a-t-il promis, «je pense que vous conclurez ceci: il est comme nous, il vient d’une famille de la classe moyenne, il a été boursier, il a dû rembourser des prêts étudiants (…)». Le rendez-vous de Denver a été marqué dès dimanche par des manifestations d’opposants à M. Obama, certains venus du camp républicain, de la droite religieuse ou de groupes anti-avortement, d’autres issus de l’extrême gauche lui reprochant ses positions trop modérées sur la guerre en Irak. Aucun incident n’a été signalé. Par précaution, les autorités de Denver ont déployé jusqu’à 5.000 policiers dans la ville, tandis que le Pepsi Center a été transformé en camp retranché survolé par des hélicoptères, avec barrières antiémeutes, blocs de béton et détecteurs de métaux à l’entrée. Alors que M. McCain doit encore annoncer son propre colistier, deux sondages l’un du Washington Post publié dimanche (49% contre 45%) et un autre de USA Today/Gallup lundi (47 contre 43%) donnent un avantage de 4 points seulement à Barack Obama face au sénateur de l’Arizona, en vue du duel présidentiel de novembre, soit plus ou moins la marge d’erreur.

• Tangi Quemener (AFP)

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