La famille Kelly fustige le gouvernement

L’affaire du scientifique David Kelly continue de défrayer la chronique en Grande-Bretagne. L’avocat de la famille Jeremy Gompertz a accusé le gouvernement de Tony Blair «d’un abus cynique de pouvoir » lors du dernier jour de l’enquête sur la mort de l’expert scientifique britannique. Selon l’avocat, le cabinet Blair était décidé à utiliser David Kelly comme un « pion » contre la BBC pour démolir l’accusation de la radio-télévision publique selon laquelle le cabinet Blair avait « gonflé » la menace irakienne pour justifier la guerre en Irak. Pour lui, « le gouvernement avait en tête de nommer (David) Kelly le 9 juillet et a laissé à M. Hoon la décision finale sur la façon dont l’identité de M. Kelly devait entrer dans le domaine public ». David Kelly s’est vraisemblablement suicidé le 17 juillet, une semaine après la révélation de son nom à la presse. « Si, comme la famille le pense, il y a eu une stratégie de livrer le nom de (David) Kelly (…), il s’agit d’un abus cynique de pouvoir et cela mérite la condamnation la plus forte possible », a-t-il affirmé. D’autant qu’il a qualifié de « risible » le soutien du ministère de la Défense (MoD) qui n’a consacré à David Kelly que 46 secondes par téléphone pour l’avertir que son nom avait été livré à la presse. Et que durant l’enquête, le gouvernement et le ministère n’ont accepté « aucune critique et aucune faute dans les événements qui ont mené à la mort du Pr Kelly ». La veuve de David Kelly et ses filles ont été « blessées et excédées » par les déclarations du directeur du personnel du ministre de la Défense Geoff Hoon, Richard Hatfield qui a suggéré que David Kelly était « responsable de ses propres malheurs », a regretté l’avocat. Pire, Me Gompertz a dénoncé « l’hypocrisie des déclarations publiques de M. Hoon », qui a nié toute stratégie du gouvernement de rendre public le nom de David Kelly. Or, pour la famille, le ministre de la Défense lui-même était un « supporteur enthousiaste de la proposition de publier le nom de (David) Kelly », a-t-il accusé. L’avocat du gouvernement, Jonathan Sumption, a lui aussi, affirmé que « le gouvernement n’était pas, et n’a jamais été, engagé dans une croisade contre la BBC » mais qu’il ne pouvait laisser passer « l’accusation très sérieuse » que le gouvernement avait rendu « plus sexy » le dossier de septembre 2002 sur les supposées armes de destruction massive en Irak. Me Sumption a rejeté comme « complètement injustifiée » la position de la famille Kelly qui repose sur l’hypothèse « fausse » que l’anonymat est dû à un employé de l’Etat. Commentant les doutes émis sur la formulation du dossier par deux membres du renseignement militaire à leurs supérieurs du ministère de la Défense (MoD), M. Sumption a également jugé que ces personnes n’étaient pas forcément dans le secret de l’élaboration du document. Ces conclusions sont potentiellement dévastatrices pour le gouvernement de Tony Blair déjà sévèrement critiqué par l’opinion publique qui l’accuse de promouvoir une guerre sur des bases mensongères. Il est à rappeler que le corps de David Kelly, expert en armement bactériologique au ministère de la Défense, a été trouvé vendredi 18 juillet dans un bois du comté d’Oxfordshire, dans le sud de l’Angleterre. Microbiologiste de renom et ancien inspecteur en désarmement des Nations unies en Irak, David Kelly était la principale source anonyme citée par un journaliste de la radiotélévision publique BBC pour affirmer que le dossier du gouvernement britannique de septembre 2002 sur l’arsenal irakien avait été délibérément «gonflé». Il s’est apparemment suicidé le 17 juillet, quelques jours après que son nom eut été rendu public et deux jours après son audition par une commission parlementaire des Affaires étrangères, qui l’avait malmené.

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