La «Houdna» puis un état palestinien

La «Houdna» puis un état palestinien

La semaine dernière, Israël vivait à l’heure d’une crise grave entre son Premier ministre et son ministre de la Défense. Ehud Olmert reprochait au second d’avoir, sans le consulter, téléphoné à Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, pour évoquer avec lui la conclusion d’un cessez-le-feu provisoire à Gaza. Dans sa fureur, Olmert envisageait la démission du «coupable», mais sa réaction tenait moins au fond qu’à la forme. Car lui-même, sans prévenir son cabinet, menait d’intenses négociations avec Abou Mazen par l’intermédiaire de ses conseillers Yoram Turbowiez et Shalom Tourjeman. La multiplication des tirs de Kassams ainsi que les incursions de Tsahal dans le nord de la bande de Gaza semblaient indiquer qu’on s’acheminait vers une escalade. Nul observateur ne pouvait prévoir que, tard dans la soirée du samedi 25 novembre. Mahmoud Abbas téléphonerait longuement à Ehud Olmert et que les deux hommes parviendraient à un accord résumé dans une déclaration : «Cessez-le-feu effectif dès 6h du matin ; arrêt des tirs de Kassam ; Tsahal s’engage à quitter la bande de Gaza et à cesser ses raids aériens». En fait, Mahmoud Abbas a précipité le cours des événements pour paraître retirer tout le bénéfice d’une décision dont le véritable artisan, en coulisses, aura été le chef de la branche extérieure du Hamas, Khaled Mechaâl, en visite au Caire pour des entretiens avec les responsables égyptiens.
Une chose est effectivement sûre, l’accord donné par le Hamas, via Ismaïl Haniyeh, pour l’instauration du cessez-le-feu, confirme que le véritable décideur du côté palestinien est Khaled Mechaal.
Ses déclarations au Caire sont le véritable événement de la semaine dernière. Lors d’une rencontre avec la presse, Khaled Mechaâl a déclaré: «Nous donnons six mois à la communauté internationale pour trouver un véritable horizon. Il y a une véritable opportunité politique pour la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, sans colonies, grandes ou petites, avec une véritable souveraineté sur le sol et le sous-sol». Pour la première fois, le chef du Hamas extérieur reconnaît implicitement Israël, en limitant l’Etat palestinien aux frontières à la veille de la guerre des Six Jours et non à l’ensemble de la Palestine historique.  La démarche est très habile et pourrait constituer une porte de sortie honorable pour les deux parties, tout en restant dans le cadre de la feuille de route, en excluant des déclarations de principes de part et d’autre. Reste à savoir si Ehud Olmert aura le courage et l’audace, au-delà d’un simple cessez-le-feu, de s’engager sur cette voie. La perspective d’une nouvelle Intifada, avec son cortège de milliers de morts et de destructions devrait l’inciter à faire preuve de réalisme et à se transformer de politicien en véritable homme d’Etat. C’est du moins ce qu’il faut espérer, en lui recommandant de renoncer à ses intérêts personnels et à ses rancunes à l’encontre de ses partenaires gouvernementaux.

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