L’Argentine pleure ses 175 morts

Devant le lieu du drame, interdit au public par des grilles métalliques, seule une poignée de personnes a attendu le passage à 2005. Après une interminable attente, les parents angoissés à la recherche de leurs proches s’en sont finalement allées. Pratiquement toutes les familles de la capitale argentine connaissent un jeune qui était jeudi soir au spectacle tragique des Callejeros, un groupe de rock à la carrière ascendante, qui achevait ce soir là une série de trois concerts.
Sur les grilles empêchant l’accès à la discothèque dévastée ont été suspendus des drapeaux argentins, brésiliens, péruviens, paraguayens. « Le Pérou pleure avec vous », peut-on lire sur l’un d’eux. Un inconnu replace le portrait d’un Jésus en prière. Des jeunes viennent apporter l’un un bouquet, l’autre une bougie. On peut voir ici et là quelques peluches abandonnées en souvenir d’un proche. Certains laissent aussi des bouteilles d’eau ou de soda en hommage à la Défunte Correa, une sainte locale que l’on apaise moyennant une boisson. Un jeune prédicateur psalmodie à voix basse des encouragements à quelques fidèles. Une seule équipe de télévision est restée sur place. Un badaud interpelle le caméraman. « J’ai un ami qui est mort ici », se défend un membre de son équipe. « Tu peux filmer tranquillement », lui répond une dame aux cheveux blonds. En Argentine, le Nouvel An est une fête de famille.
La nuit du 31 décembre est peut-être la plus calme de l’année à Buenos Aires, « la ville qui ne dort jamais », où la quasi-totalité des restaurants sont fermés et les rues complètement désertées.

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