Le cycle infernal «Sida-Pauvreté»

Alors que la capitale burkinabaise ouvre ce dimanche 09 décembre un Congrès international sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique, un récent rapport du PNUD lie le développement du virus VIH et celui de la pauvreté. Selon le Programme des Nations-Unies pour le Développement, en forçant les familles à vendre leurs terres ou à retirer les enfants des écoles, le sida accentuerait en effet la pauvreté en Afrique subsaharienne. L’importance de celle-ci offrirait alors à son tour un « terreau fertile» pour la propagation de la pandémie. Ce cycle infernal aurait freiné le développement de la plupart de ces pays. Pire, il en aurait ramené certains «40 ans en arrière» selon l’indicateur de développement humain, grâce auquel le PNUD mesure la pauvreté en prenant en compte des indices économiques et sociaux (santé, éducation…). Cet indicateur était en baisse en l’an 2000 dans 30 pays du continent. Au Bostwana, au Burundi, au Cameroun, mais aussi au Congo, au Kenya, au Rwanda, au Togo et au Zimbabwe, cette baisse est selon cette étude due en grande partie à la propagation du virus VIH… Une analyse aussi dramatique qu’effrayante que le PNUD présentera lors du Congrès de Ouagadougou.«Le Botswana et le Zimbabwe avaient réalisé de réels progrès économiques au cours des années 1980, a déclaré Luc-Noël Grégoire, économiste au PNUD. Mais ils ont vu leur espérance de vie baisser de 5 à 10 ans, ramenant leur niveau de développement à celui des années 1960». Relation cyclique mais aussi interférence entre les deux principaux maux du continent africain. Le PNUD relève en effet que « la pandémie apporte une nouvelle vague d’appauvrissement parce qu’elle a un impact dévastateur sur le capital humain, la sécurité alimentaire, la productivité des couches les plus actives de la société». Il est en effet évident que la charge supplémentaire imposée par la nécessité des soins constituent une source d’endettement pour de nombreuses familles, la plupart d’entre elles y consacrant plus de la moitié de leur budget. Conséquence : les foyers se voient contraints de vendre leurs ressources économiques comme le bétail, «ce qui a pour effet d’aggraver leur pauvreté». En Afrique,où se trouvent 28,1 millions de personnes atteintes par le VIH (dernier rapport de l’ONU, 28 novembre 2001), le sida devance désormais la guerre comme cause de mortalité : 2 millions de personnes en sont décédées en 1998, alors que les conflits n’auraient fait «que» 200 000 victimes. A l’occasion de cette rencontre internationale, L’ONU demande à la communauté internationale d’aider les Etats «pour redynamiser les secteurs de santé très affectés, tout en engageant en retour un plan crédible et efficace dont la mise en oeuvre implique l’ensemble des acteurs».

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