Le Liban boycotte le sommet arabe de Damas

Le Liban ne participera pas au sommet de la Ligue arabe prévu à Damas samedi et dimanche en raison de l’implication de la Syrie dans la crise libanaise, a annoncé mardi le gouvernement libanais. «Le Conseil des ministres a décidé que le Liban ne participerait pas au sommet», a annoncé le ministre de l’Information, Ghazi Aridi, à l’issue d’une réunion du cabinet consacrée à cette question. «Il s’agit d’un précédent regrettable qui nous a été imposé», a-t-il ajouté, accusant la Syrie d’imposer une vacance à la présidence, de fermer les portes du Parlement et de mener une campagne de dénigrement à l’égard du gouvernement. «Le Conseil des ministres réaffirme que le Liban doit être représenté à n’importe quel sommet par un président de la République, que les Libanais refusent d’accepter le statu quo actuel et que le Liban subit une injustice dans le cadre des relations libano-syriennes», a expliqué le ministre. Cette décision ne signifie toutefois pas la rupture des relations avec la Syrie, a souligné M. Aridi, invitant les pays arabes à œuvrer à l’amélioration des liens entre Beyrouth et Damas. Le Liban, sans chef d’Etat depuis la fin novembre, est en proie à une crise politique depuis plus d’un an en raison des profondes divergences entre la majorité antisyrienne, soutenue par l’Occident et l’Arabie saoudite, et l’opposition, emmenée par le Hezbollah chiite et appuyée par Damas et l’Iran. La Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban pendant près de trois décennies, est accusée par la majorité, et indirectement par l’Occident, d’entraver l’élection d’un nouveau président de la République pour remplacer le pro-syrien Emile Lahoud.
La majorité soutient plus largement que Damas déstabilise le Liban en vue d’y regagner son influence, notamment en étant impliqué dans les meurtres de personnalités antisyriennes depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005.  La crise libanaise devait être le principal thème de discussion du sommet de la Ligue arabe. A son arrivée lundi soir dans la capitale syrienne, le secrétaire général de l’organisation, Amr Moussa, a appelé les Libanais de participer au sommet.  Dans une tentative de calmer le jeu, Damas avait adressé jeudi une invitation à Fouad Siniora mais plusieurs dirigeants de la majorité avaient appelé le gouvernement à décliner cette offre. L’Arabie saoudite qui, avec l’Egypte, soutient la majorité, ne sera représentée à Damas que par son délégué permanent à la Ligue. L’Egypte, de son côté, n’a pas encore annoncé qui la représenterait au sommet.
La monarchie pétrolière et Le Caire avaient lié le niveau de leur participation au sommet arabe à l’élection d’un président libanais. La session parlementaire prévue mardi pour l’élection a été reportée lundi pour la 17e fois depuis septembre dernier. Une nouvelle session doit avoir lieu le 22 avril.

• Jocelyne Zablit (AFP)

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