Le Liban sombre dans la terreur

Le Liban sombre dans la terreur

A la veille du deuxième anniversaire de l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, un double attentat meurtrier a visé, mardi 13 février, deux autobus qui emmenaient à leur travail à Beyrouth des habitants de la région chrétienne de Bikfaya, au nord-est de la capitale.
Hier, la police libanaise faisait état de 3 morts et 17 blessés, mais elle prédisait que ce bilan s’alourdirait. Il s’agit du premier attentat contre des autobus de transport en commun depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).
La région de Bikfaya, dans la montagne chrétienne, est le fief de l’ancien président Amine Gémayel, patriarche d’un clan chrétien qui soutient la coalition gouvernementale anti-syrienne de Fouad Siniora au sein de laquelle son fils Pierre, exécuté en novembre par des tueurs, était ministre de l’Industrie. Son fils, Pierre Gémayel, ministre de l’industrie dans ce cabinet, avait été assassiné en novembre dernier.
Ce nouvel attentat – on en a dénombré une quinzaine au Liban depuis la mort de Hariri – intervient alors que les factions soutenant le cabinet Siniora s’apprêtent à marquer le deuxième anniversaire de son assassinat par un rassemblement massif à sa mémoire mercredi sur la place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth.
Saâd Hariri, fils du défunt qui a repris son flambeau politique et dirige la coalition anti-syrienne, a annoncé que la cérémonie de mercredi serait maintenue malgré l’attentat de Bikfaya.
«C’est une nouvelle manifestation de la nécessité pour le Liban d’obtenir une juridiction internationale (…) afin de protéger les Libanais», a-t-il déclaré sur la télévision LBC.
Selon le député anti-syrien Samir Frangié, le double attentat de mardi vise à contrecarrer ce rassemblement à la mémoire de Hariri, assassiné alors qu’il venait de se rebeller contre la tutelle syrienne sur le Liban.
Le chef de l’Etat, Emile Lahoud, proche de la Syrie, a affirmé, pour sa part, que cet attentat «visait les tentatives de réconciliation et de médiation» entre l’opposition menée par le Hezbollah, également pro-syrien, et le gouvernement de Fouad Siniora appuyé par l’Occident. Ce nouveau coup porté à l’apaisement au Liban intervient aussi alors qu’un vent d’optimisme nouveau s’était exprimé lundi dernier quant aux chances de mise sur pied d’un tribunal international pour juger les responsables présumés de l’assassinat de Hariri.
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui joue les intermédiaires entre la coalition de Siniora soutenue par l’Arabie Saoudite s’était dit confiant que les désaccords sur «la composition de la cour et ses modalités de fonctionnement» seraient «réglés bientôt».
Fouad Siniora lui-même a estimé lundi qu’on s’acheminait vers une solution, tandis que Hassan Fadallah, un des leaders du Hezbollah, parlait de «portes politiques qui s’ouvrent» et invitait la coalition au pouvoir à «ne pas rater cette occasion».
La Syrie et ses alliés libanais disaient vouloir éviter que le tribunal international, une fois instauré, ne devienne un instrument entre les mains de leurs adversaires politiques et qu’ils en usent pour régler leurs comptes avec le régime de Damas.

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