Le nucléaire : Nouveau recours américain

Le document cité par le quotidien californien, dans son édition de samedi, est un rapport secret adressé au Congrès en janvier dernier par le département de la Défense. Ce dernier y faisait état de plans d’urgence en vue d’une éventuelle utilisation d’armes nucléaires contre certains pays. Toujours selon le L.A Times, les Etats visés seraient au nombre de cinq -l’Irak, la Corée du Nord, l’Iran, la Libye et la Syrie, parce qu’ils constituent une menace assez importante pour entraîner une «réponse nucléaire». Si trois d’entre eux, l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord, étaient déjà accusés de former «un axe du mal», par le président George W. Bush (discours sur l’état de l’Union du 29 janvier), ce rapport cite également deux autres puissances nucléaires -la Chine et la Russie- tout en soulignant que Moscou n’est plus considéré comme un adversaire de Washington…
Réagissant à ces révélations, les principaux conseillers du président américain ont dû répondre aux inquiétudes de la presse et de l’opinion américaine. Ainsi, la conseillère pour la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, a déclaré dimanche sur la chaîne CBS que l’administration Bush voulait «envoyer un message très fort à tous ceux qui essaieraient d’utiliser des armes de destruction massive contre les Etats-Unis». Le recours au nucléaire constituerait alors «une réponse dévastatrice», à défaut de dissuader les autres pays de perpétrer de telles attaques. «Nous voulons tous rendre moins probable l’utilisation d’armes de destruction massive», a assuré la conseillère du président Bush. Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell a quant à lui tenté de rassurer sur les intentions de Washington en qualifiant ce projet de «plan militaire prudent» et non de «plan d’attaque imminent». Il a toutefois estimé que les Etats-Unis n’avaient jamais exclu d’utiliser l’arme nucléaire contre un ennemi qui en serait aussi doté, une politique qui, selon lui, devrait dissuader tout agresseur. «Nous pensons qu’il vaut mieux que les calculs de tout adversaire potentiel qui se trouve là dehors soient emprunts d’incertitude», a-t-il insisté.
Dans son enquête, le L.A Times ajoute que le rapport, appelé «The nuclear Posture review», prévoit trois types de situations pour l’usage de ces armes : contre des cibles capables de résister à une attaque non-nucléaire ; en représailles à une attaque aux armements nucléaires, biologiques ou chimiques ; ou en cas de «développements militaires inattendus».
Si la question continue d’alimenter les débats, un haut responsable du Pentagone a pour sa part estimé lundi qu’un recours à l’arme nucléaire par les Etats-Unis ou tout autre pays détenteur de la bombe atomique était «moins que probable» pour la décennie à venir. Sous couvert de l’anonymat, il a aussi souligné que de telles préparations représenteraient un revirement total de la politique de dissuasion des Etats-Unis qui se sont jusqu’alors interdit de recourir à de telles armes. Sauf pour agir en représailles à une attaque nucléaire ou dans des circonstances exceptionnelles au cours d’un conflit armé…

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