Le procès de Reiss est terminé mais elle reste en prison

Le procès de Reiss est terminé mais elle reste en prison

Le procès de Clotilde Reiss est terminé, mais la jeune Française, arrêtée le 1er juillet et accusée d’avoir été impliquée dans les manifestations de juin, reste en prison et ne pourra quitter l’Iran avant que soit rendu un verdict, a annoncé mercredi la justice iranienne. «Reiss est en détention mais le procès pour examiner les accusations qui pèsent sur elle est terminé», a indiqué le procureur de Téhéran, Saïd Mortazavi, cité par l’agence Fars. «Toute décision pour qu’elle soit libérée sous caution ou qu’elle reste en prison appartient au juge», a-t-il ajouté. «Dans le cas d’une acceptation de la caution et d’une remise en liberté, cette ressortissante française n’a aucunement le droit de quitter le pays jusqu’à ce que soit rendu le verdict», a-t-il précisé.Clotilde Reiss, une lectrice de 24 ans, ainsi qu’une employée franco-iranienne de l’ambassade de France à Téhéran Nazak Afshar, ont comparu samedi devant un tribunal de Téhéran, en compagnie d’autres personnes accusées d’avoir participé aux manifestations ayant suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad il y a exactement deux mois. S’agissant de Mme Afshar, libérée sous caution mardi, M. Mortazavi a souligné que «l’examen des accusations contre elle se poursuivait». Plusieurs agences de presse iraniennes ont affirmé mercredi, que la France avait dit être prête à payer une caution pour obtenir la libération de Mlle Reiss. L’ambassade de France à Téhéran a envoyé une note officielle constituant un engagement à payer une caution pour la libération de Clotilde Reiss, indique une source politique iranienne non-identifiée citée par ces agences. Ce document a été transmis à la justice, selon la même source. Interrogé sur ces informations, Romain Nadal, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a déclaré : «Les autorités françaises demandent la libération de Clotilde Reiss et font le nécessaire pour l’obtenir. Elles demandent également l’abandon de toutes les poursuites à l’encontre de Clotilde Reiss et Nazak Afshar». «Le tribunal peut décider d’une caution lourde pour la libérer jusqu’au moment du verdict», a indiqué à ce sujet M. Mortazavi. Paris a indiqué plus tôt, mercredi, qu’une mise en liberté conditionnelle de Clotilde Reiss, assortie d’une assignation à résidence à l’ambassade de France en Iran, des mesures évoquées par l’Iran, ne pourrait constituer qu’une «première étape» avant l’abandon des poursuites judiciaires. L’ambassadeur d’Iran en France, Seyed Mehdi Miraboutalebi, avait affirmé mardi que Téhéran avait proposé que la jeune femme soit placée en résidence surveillée à l’ambassade de France d’ici à la fin de la procédure judiciaire.Plus d’une centaine de personnes sont jugées depuis le début du mois d’août devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour avoir participé aux manifestations post-électorales. Au moins 4.000 personnes ont été arrêtées lors de ces manifestations et 300 sont toujours derrière les barreaux, a-t-on indiqué mardi de source officielle. Parmi elles figure le journaliste Maziar Bahari, correspondant de l’hebdomadaire américain Newsweek. «Sa mère a pu le rencontrer aujourd’hui pendant une demi-heure à la prison d’Evine. Il est détenu depuis 52 jours. Il a affirmé qu’il se portait bien mais que les interrogatoires se poursuivaient», a déclaré mercredi à l’AFP son avocat Saleh Nikhbakht. Le président du Parlement iranien Ali Larijani a démenti de son côté «tout abus sexuel» contre des manifestants emprisonnés, contrairement à ce qu’avait affirmé un chef de l’opposition, le réformateur Mehdi Karoubi, qui avait dénoncé des viols de détenus en prison.


Par Siavosh Ghazi
(AFP)

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