Les commandos australiens à la rescousse du Timor

Le petit Etat indépendant depuis quatre ans, impuissant à rétablir l’ordre sur son sol, a été contraint de faire appel mercredi à des troupes étrangères.
Deux avions venant de Darwin "avec un total de cent militaires bien équipés ont atterri à 16H00 (07H00 GMT) à Dili", a confirmé le cabinet du Premier ministre timorais Mari Alkatiri.
"Ces forces australiennes seront chargées d’assurer dès leur arrivée un périmètre de sécurité autour de l’aéroport international de Dili", a annoncé au Parlement le Premier ministre australien John Howard.
Alors qu’au moins un policier et un membre de l’armée ont été tués, des échanges de tirs se sont déroulés jeudi en plein centre de la capitale Dili, non loin du Palais du gouvernement et en bord de mer.
Ces violences ont forcé de nombreux habitants à fuir leur maison et à se réfugier dans des bâtiments jugés plus sûrs comme des hôtels.
"La situation s’est soudainement vraiment dégradée et il nous a fallu nous enfuir de notre domicile", a déclaré à l’AFP une résidente australienne de Dili, Christine Kearney.
"Il y a des combats dans toute la ville", a-t-elle ajouté.
Elle a précisé que les affrontements se polarisaient notamment près du quartier-général de la police dans le quartier central de Caicoli.
Entre un tiers et la moitié des forces armées timoraises ont récemment déserté et ont ensuite été révoquées. Ces deux derniers jours des affrontements ont opposé ces soldats rebelles à des militaires loyaux au pouvoir.
Ces violences ont fait une dizaine de morts depuis le 28 avril et quelques blessés.
En plus de l’Australie, le Portugal (l’ancienne puissance coloniale) et la Malaisie ont offert d’envoyer des troupes au Timor oriental (Timor-Leste).
Un groupe de cinquante policiers malaisiens anti-émeutes était attendu jeudi vers 20H00 (11H00 GMT) à Dili, selon le gouvernement timorais.
Canberra a indiqué pouvoir dépêcher au total de 1.000 à 1.300 soldats, trois navires de guerre, des hélicoptères et des transports de troupes.
Canberra avait déjà pris la tête, il y a sept ans, d’une force internationale déployée au Timor oriental après les atrocités qu’avaient commises les milices soutenues par l’armée indonésienne.
Le Conseil de sécurité de l’Onu a lui lancé un appel à "toutes les parties" pour mettre fin à la violence.
Plus de 1.400 Timorais avaient été massacrés et près de 80% des infrastructures du territoire avaient été détruites en 1999 par les milices pro-indonésiennes, après qu’une écrasante majorité des habitants eut voté par référendum pour l’indépendance.
Les Timorais restent traumatisés par les exactions subies pendant les 24 années d’occupation (1975-1999) par l’Indonésie.
Les récentes violences ont conduit des dizaines de milliers d’entre eux à chercher refuge dans les églises ou les montagnes.
Pour le ministre timorais des Affaires étrangères José Ramos-Horta, dès que sera connue la nouvelle du déploiement de troupes étrangères, "il y aura une accalmie immédiate".
Le charismatique président Xanana Gusmao, ancien guérillero indépendantiste, a de son côté reporté une visite prévue en Chine.

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