Les empreintes de Saddam

«Celui qui a été installé par les armées étrangères est dans la même situation que les occupants, qu’il faut combattre,avant même les armées étrangères. C’est un devoir légitime, patriotique et humanitaire », dit la voix attribuée au Président déchu,dans un message diffusé par une chaîne de télévision arabe basée à Dubaï, qualifié par le Président George Bush de « voix dans le désert ».. Ce message a été diffusé alors que l’Administration Bush, soumise à une recrudescence de la guérilla et à de vives critiques pour ses décisions unilatérales,s’engage à remettre le pouvoir aux Irakiens d’ici fin 2005. Au fil des derniers mois, l’Irak s’est transformé pour elle en un véritable bourbier. Plus les Etats-Unis s’impliquent dans la guerre contre la résistance antiaméricaine et anticoalition, plus ils s’enlisent. En moyenne, ils ont essuyé eux, leurs alliés et leurs collaborateurs irakiens, seize attaques violentes par jour et les mesures adoptées pour contrecarrer la guérilla s’avèrent généralement contre-productives. Saddam semble s’être bien préparé à l’après Saddam. Selon des informations concordantes, il aurait constitué des réserves d’armes et d’argent et se serait rapproché des nationalistes arabes et des islamistes avant sa chute qu’il savait inéluctable. En juillet 2002, huit mois avant d’apprendre par les services de renseignement allemands que la guerre aura lieu, il adressait aux principaux responsables du parti Baath une circulaire les avisant de se préparer à subir une attaque américaine à « tout moment ». Ce document prédisait que l’Irak serait « vaincu militairement à cause du déséquilibre des forces en présence ». On rétablirait l’équilibre, souligne le document attribué à Saddam Hussein par les médias internationaux, « en attirant l’armée américaine dans les villes, les villages et le désert, et en recourant à des tactiques de résistance ». Ces mêmes sources précisent que « Saddam Hussein travaillait déjà depuis quatre ans à adapter son armée à la pratique de la guérilla ». C’est lui qui aurait recruté les chefs des nouvelles unités de guérilla, des jeunes âgés de 18 à 35 ans, et constitué avant l’invasion américaine des réserves de troupes, d’armes et d’argent. Les armes légères, lance-grenades, explosifs, grenades à main et AK-47, abondaient. Elles ont été fabriquées dans des lieux secrets répartis dans tout le pays. Des services de renseignement occidentaux précisent qu’il y avait encore plus d’argent que d’armes. Saddam Hussein a investi à l’étranger une partie de l’immense richesse procurée par la manne des pétrodollars. Il a commencé à se débarrasser de ces actifs en 2002 pour se procurer un stock de liquidités qu’il a réparti à travers l’Irak. Après l’invasion américaine, il coupa tout contact avec les ex-responsables du parti Baath et même de ses gardes du corps. Il a monté une nouvelle structure qui réunit des éléments nationalistes, baasistes et islamistes indépendants mais reliés à un commandement suprême, c’est-à-dire, lui-même. Sa stratégie s’inspire de l’histoire du prophète Sidna Mohammed , en particulier de son triomphe après son exil à Médine. Après la chute de Bagdad, cette nouvelle structure s’est trouvée des ramifications au sein des masses arabes en Egypte, Jordanie, Syrie, Liban, Yémen, Maroc et Mauritanie. Aujourd’hui, on parle d’environ 6.000 combattants arabes et islamiques à Bagdad parfaitement rompus aux techniques de la guérilla moderne, venus prêter main-forte aux Irakiens. Leurs moyens de communication sont primitifs mais sûrs. Ce sont eux qui sont derrière les attentats, qui détruisent les pipelines, qui abattent les blackhawks et qui montent des souricières contre les Américains. Les services de renseignement occidentaux pensent qu’ils ne s’arréteront pas là: ils doivent certainement penser à d’autres actions telles qu’empoissonner les rivières ou stériliser la flore.

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