Les transferts des immigrés dépassent investissements et aide publique

Commandée par la BEI dans le cadre de la Facilité euro- méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP), l étude précise que ces envois de fonds des immigrés vers huit de leurs pays d’origine (Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie et Turquie), ont atteint officiellement 7,1 milliards d’euros en 2003, mais seraient de l’ordre de 12,4 à 13,6 milliards d’euros si l’on tenait compte des estimations des transferts "informels".
Evoquant ces transferts lors d’une conférence de presse, M. Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI en charge de la FEMIP, a souligné l’impact de ces fonds sur le PIB de ces pays, indiquant à titre d exemple qu’il constitue plus de 20 pour cent du PIB jordanien.
Si les transferts de fonds des émigrés provenant de l’Europe se situent dans une fourche de 85 à 90 pour cent pour quatre pays partenaires méditerranéens (Maroc, Algérie, Tunisie, Turquie), ils ne sont de l’ordre que de 5 à 10 pc pour les pays du Machrek (Egypte, Liban, Syrie et Jordanie) où les transferts de fonds reçus proviennent essentiellement des pays du Golfe et des Amériques, eu égard à l’importance de leurs populations émigrées dans ces régions, selon l’étude.
Toutefois, la ventilation de l’utilisation de ces transferts révèle qu’ils sont plutôt utilisés pour la consommation des ménages (51 pour cent), l’éducation ou la santé (18 pc) et le logement (14 pc). Seule une petite fraction de ces transferts (moins de 10 pc) est utilisée dans des investissements productifs, sauf en Tunisie (18 pc) et en Egypte (15 pc).
M. Philippe de Fontaine Vive a indiqué que le coût des transferts "officiels", opérés par des sociétés de transferts d’argent, atteignent jusqu’à 16 pour cent pour les "petits montants" envoyés par les émigrés vers leurs pays d’origine.
De ce fait, les auteurs de l’étude recommandent notamment d’abaisser lesácoûts de transfert, par la mise en place d’une concurrence entre les opérateurs de transfert de fonds aussi bien dans les pays d’accueil que d’origine, où la FEMIP pourrait avoir un rôle de facilitateur, notamment l’interconnexion des systèmes de paiement.
L’étude recommande aussi de maximiser l’impact de ces transferts de fonds sur le développement économique des pays d’origine notamment au niveau des banques (création de comptes off-shore dédiés au transit des devises), l’encouragement des banques des pays d’origine à mettre en commun des ressources issues de ces transferts pour le financement de projets de moyenne ou de petite dimension (infrastructures locales, PME, micro crédits)

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