L’étau se desserre autour des palestiniens

Pour la première fois depuis un an, des représentants des Etats-Unis et de l’Union européenne ont pris contact, mardi 20 mars, avec des membres du nouveau gouvernement d’union palestinien investi quatre jours plus tôt, mettant un terme à l’isolement total imposé depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas en mars 2006.
Le Hamas étant considéré comme une organisation terroriste par Washington, l’Union européenne et Israël, l’administration américaine a boycotté totalement le précédent gouvernement (mars 2006-mars 2007), et les Européens se sont limités à des contacts «techniques», refusant tout contact «au niveau politique».
Mais ces deux lignes politiques ne sont pas violées car aucun des ministres avec lesquels des contacts sont mentionnés n’appartient au mouvement Hamas. Le consul général des Etats-Unis, Jacob Walles, a rencontré le nouveau ministre palestinien des Finances, Salam Fayyad, passant outre l’appel à un isolement total du gouvernement palestinien lancé par Israël.
Cette entrevue, confirmée par Fayyad dans une interview à la chaîne de télévision arabe Al Jazeera, marque le premier contact entre l’administration américaine et le gouvernement d’unité nationale palestinien. Au consulat des Etats-Unis à Jérusalem, une porte-parole s’est refusée à tout commentaire. Le même jour, Marc Otte, l’émissaire de l’UE au Proche-Orient, lui, s’est entretenu avec le chef de la diplomatie, Ziad Abou Amr. Salam Fayyad et Ziad Abou Amr sont des ministres indépendants, membres du nouveau gouvernement d’union palestinien regroupant le Fatah du président Abbas et le Hamas. Le département d’Etat avait rappelé que les Etats-Unis boycotteraient les ministres issus du Hamas, mais traiteraient avec certaines personnes « au cas par cas ». Washington «ne suspendra pas ses contacts avec des Palestiniens simplement parce qu’ils occupent des fonctions dans le gouvernement d’unité», a expliqué le porte-parole du département d’Etat américain, Sean McCormack. Les membres du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Russie, ONU) exigent que le gouvernement reconnaisse d’abord le droit à l’existence d’Israël et les accords israélo-palestiniens passés, et qu’il renonce à la violence.
Après consultations lundi, Européens et Américains sont convenus d’attendre les premières décisions du nouveau gouvernement pour décider de l’attitude à adopter sur la reprise des aides financières. Leur suspension a plongé les territoires dans une grave crise économique depuis un an, le précédent gouvernement se retrouvant en état de cessation de paiement. Dans un signe d’apaisement, trois pays membres de l’Union européennes : la France, l’Autriche et la Belgique, se sont dit prêts à des contacts avec des ministres non membres du Hamas dans le nouveau gouvernement. M. Abou Amr a été ainsi invité en France et en Autriche. Le ministre des Affaires étrangères belge, Karel De Gucht, en déplacement au Proche-Orient, a prévu de le rencontrer vendredi.

Israël boycotte un ministre norvégien

L’Etat hébreu a annulé une rencontre qui était prévue mardi 20 mars avec le vice-ministre norvégien des Affaires étrangères, Raymond Johansen, pour protester contre ses entretiens avec le gouvernement palestinien d’union, a indiqué hier mercredi un responsable israélien. «M. Johansen devait être reçu mardi par le directeur général des Affaires étrangères, Aharon Abramovitch, mais la rencontre a été annulée pour des raisons techniques», a affirmé un responsable du ministère des Affaires étrangères. «Il est cependant évident que cette décision fait suite à l’entretien que M. Johansen a eu lundi à Gaza avec Ismaïl Haniyeh», a-t-il ajouté.

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