Liban : le Mea Culpa de Tsahal

Liban : le Mea Culpa de Tsahal

L’armée israélienne a-t-elle perdu sa guerre contre les combattants du Hezbollah ? Un début de réponse a été apporté jeudi par le général Dan Halutz, qui n’est autre que le chef d’état-major de l’armée israélienne. Dans une lettre adressée à ses soldats, ce haut-responsable militaire a reconnu, pour la première fois, qu’il y a eu «des errements dans la conduite de la guerre contre le Hezbollah».
Le mea culpa de Dan Halutz, qui a fait la manchette du quotidien «Haaretz » dans son édition de jeudi, rompt avec un long festival de déclarations «triomphalistes» exprimées par les dirigeants israéliens depuis la fin du conflit avec le Hezbollah. «Ce conflit a fait apparaître des errements dans plusieurs secteurs : logistique, opérationnel et de commandement». Cet «aveu d’échec» intervient alors que la grogne gonfle chez  une opinion publique israélienne de plus en plus critique sur «l’impréparation et le manque de stratégie de Tsahal dans ce conflit de 34 jours».
Même son de cloche chez le commun des réservistes fraîchement rapatriés du front, et dont les récits rapportés par les médias israéliens sont très éloignés de l’image qu’Israël veut donner de Tsahal : une armée ultramoderne au passé glorieux.
De retour du Sud du Liban, ces réservistes ont dénoncé le manque de matériel, notamment les gilets par-balles, l’insuffisance de nourriture et d’eau sur le théâtre des opérations. Au-delà de la logistique, les réservistes dénoncent des dysfonctionnements au niveau de la chaîne de commandement. Dans une pétition adressée dimanche au ministre de la Défense, Amir Peretz, ils affirment que «les buts de la guerre n’ont pas été déterminés clairement et ont changé durant les combats». «Le manque de détermination s’est traduit par l’annulation de toutes les missions qui nous ont été assignées pendant les combats», poursuit le texte de la pétition. «Cela a abouti à de longs séjours en territoire ennemi sans but opérationnel et sans chercher à combattre l’ennemi».
Un «manque de respect » pour « notre volonté de rejoindre les rangs et de nous battre», dénoncent-ils, appelant par la même occasion à l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités. En réponse à cette requête, le chef de l’état-major de Tsahal s’est dit favorable à «une enquête approfondie, honnête, rapide et complète aussi bien sur les succès que sur les erreurs».
Pour sa part, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, après avoir essuyé une cascade de critiques sur sa responsabilité dans la déroute de Tsahal dans «l’ornière libanaise», doit décider, dans les prochains jours, de la forme que prendra cette  enquête. Cette dernière serait confiée à une commission d’Etat dotée du pouvoir de limogeage des responsables gouvernementaux ou militaires. L’inflexion des dirigeants israéliens, aussi bien les politiques que les militaires, est le résultat de la forte pression qu’ils ont subie ces derniers jours de la part de leur opinion publique.
C’est dire à quel point cette opinion a été déçue par la débandade de son armée face à des «ennemis qui se sont améliorés, renforcés et professionnalisés», reconnaît un réserviste israélien en faisant allusion aux combattants du Hezbollah.

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