L’Iran se retourne vers l’UE

« Nous avons engagé une coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, et, pour se poursuivre, cette coopération doit être bilatérale », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi devant la presse. « Malheureusement, l’agence se laisse influencer par les Américains et si l’une des parties ne respecte pas ses engagements, la coopération ne continuera pas », a-t-il prévenu à l’issue du conseil des ministres.
Depuis lundi, le conseil des gouverneurs, l’exécutif de l’AIEA, se penche à nouveau sur le cas de l’Iran, que les Etats-Unis, notamment, accusent de mettre secrètement au point l’arme atomique sous le couvert de son programme nucléaire civil. Selon des sources diplomatiques, les Européens, qui prônent une approche « constructive », et les Américains, qui veulent conduire les Iraniens devant le Conseil de sécurité de l’Onu en vue de sanctions internationales, se sont entendus difficilement sur un compromis de résolution. Celle-ci stigmatiserait l’Iran pour ne pas avoir tout déclaré de son programme nucléaire, mais repousserait à juin d’éventuelles sanctions. Un haut responsable du département d’Etat américain a déclaré que l’Iran allait droit à la saisi du Conseil de sécurité s’il ne changeait pas radicalement d’attitude.
Les Iraniens ont mal pris la dureté du ton employé à leur encontre alors qu’ils avaient énoncé comme objectif, avant la réunion de l’AIEA, le classement de leur dossier et la « normalisation » des relations avec l’agence. Kharazi a de nouveau misé sur les Européens pour contrer les Américains : « Nous conseillons aux Européens de respecter leurs engagements et de résister aux pressions américaines, sinon, si c’est unilatéral, il n’y a aucune raison que la coopération se poursuive ». Ce sont les Européens qui sont venus en octobre à Téhéran chercher les garanties exigées depuis plusieurs mois par la communauté internationale : acceptation d’un contrôle renforcé des activités nucléaires, suspension de l’enrichissement, coopération et transparence complètes avec l’AIEA, éclaircissement des activités passées. Avant d’en arriver là, la partie la plus conservatrice de l’opinion non seulement s’opposait à ce que l’Iran cède mais réclamait un désengagement de la part de la République islamique des obligations contractées jusqu’alors.

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