L’Union européenne braque la Turquie

L’Union européenne braque la Turquie

L’adhésion à l’Union européenne s’annonce  une véritable mission impossible pour la Turquie. Avant même l’ouverture des négociations, le spectre d’un éventuel échec plane.
C’était hier après-midi que les ambassadeurs des vingt-cinq devaient donner une dernière chance pour ne pas laisser la Turquie à sa porte et lancer avec elle des pourparlers historiques.
Après l’échec de deux rencontres à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères s’étaient réunis à Luxembourg pour tenter de s’entendre sur le document, dont l’adoption est une condition préalable au lancement des négociations. C’est l’Autriche qui a bloqué, une fois de plus, l’accord en refusant de se rallier au texte sur lequel un consensus s’était établi entre ses Vingt-quatre partenaires, note le quotidien Le Monde.
En effet, l’Autriche oppose un veto de fait à la possibilité d’adhérer pour Ankara. Vienne propose que soit offerte une alternative à l’issue des négociations, celle d’un partenariat privilégié et non pas nécessairement une adhésion pleine et entière telle qu’envisagée jusqu’à présent. Une option qu’Ankara rejette catégoriquement.
L’Autriche constitue le seul obstacle à surmonter a rappelé le chef de la diplomatie britannique, Jack Straw. «La question de savoir s’il sera possible d’engager les discussions dépend de notre capacité à trouver un accord avec l’Autriche. Voilà le problème. La bonne nouvelle c’est que, lors des discussions de dimanche, j’ai été très frappé par la force du soutien à la candidature turque et à l’entrée de la Turquie dans l’Europe de la part de 24 Etats membres,» a-t-il déclaré à la chaîne Euronews. 
Cependant, pour Jack Straw la situation est à présent très délicate et il ne sera pas facile de trouver un terrain d’entente. «Nous sommes dans une phase difficile de la négociation», a-t-il affirmé dans une déclaration à l’AFP. Un échec des 25 à s’entendre risque d’enfoncer un peu plus l’UE dans la crise ouverte depuis le double non aux référendums français et néerlandais sur la Constitution européenne. Un tel échec renforça les tensions entre l’UE et la Turquie. La présidence britannique serait elle-même durement touchée, en voyant mis à bas un projet cher au Premier ministre Tony Blair. Ce serait un nouveau "mauvais jour" pour l’Europe, a mis en garde le chef de la diplomatie des Pays-Bas, Ben Bot. Le Luxembourgeois Jean Asselborn a évoqué le spectre de "dégâts très importants" et appelé Vienne à lâcher du lest. «Il en va de la crédibilité de l’UE,» a-t-il estimé. L’Allemand Joschka Fischer a fait valoir qu’un compromis de dernière minute était plus que jamais une question de volonté politique.
Consciente de ces retombées, la Turquie a refusé tout compromis sur son adhésion. Dans une déclaration à l’agence Reuters, Namik Tan, porte-parole du ministère des Affaires étrangères a affirmé qu’Ankara rejette toute modification du cadre de négociation avec l’Union européenne. Le Premier ministre, Tayyip Erdogan a, lui aussi, répété que son gouvernement ne changerait pas de position dans les discussions avec les Vingt-cinq.
Il a ajouté que le sort des pourparlers était entièrement de la responsabilité des Européens. «Nous maintenons et maintiendrons notre ligne (sur les négociations), qui est conforme aux intérêts de la Nation turque et à ses principes politiques», a déclaré Erdogan, très applaudi, lors d’un rassemblement de son parti, l’AKP.
La Turquie arrivera-t-elle à décrocher son ticket d’entrée à l’EU ?
Cette question ressemble de plus en plus à une équation à multiple-inconnues qui ne cesse de se compliquer. L’affaire est à suivre.

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