Mise en place de l’accord de Bonn sous tension

Kaboul. La population de la capitale afghane s’apprête à accueillir le nouvel Exécutif du pays prévu pour le 22 décembre. Décidé à Bonn le 5 décembre dernier, sous l’oeil attentif de l’ONU, ce gouvernement n’échappe toutefois pas aux critiques… Plusieurs des chefs de l’Alliance du Nord y dénoncent en effet la présence de trois des anciens fidèles du commandant Massoud aux postes-clé, à savoir la défense, l’intérieur et les affaires étrangères. S’ils font partie de la grande bénéficiaire des accords de Bonn, ces responsables mécontents, n’appartiennent cependant pas au parti Jamiat-e-Islami, proche de l’ancien président Burhanuddin Rabbani. Et c’est à cette faction, une des cinq composantes de l’Alliance du Nord, que reviennent en effet les trois principaux portefeuilles… Diplomatie oblige, ces nominations sont venues en contre-partie de celle de Hamid Karzaï au poste de chef de l’Exécutif. Compromis «injuste», comme l’a déclaré le commandant ouzbek Rachid Dostom ? Pour tenter de prévenir toute apparition de violence, le représentant spécial des Nations unies pour l’Afghanistan, Lakhdar Brahimi, s’est en tout cas rendu ce mardi dans la capitale afghane. Sur le terrain, les combats s’intensifient toujours à l’Est, du côté de Tora Bora. Les opérations, menées conjointement par l’aviation américaine et les troupes alliées, se sont emparées de la quasi-totalité de la forteresse de Ben Laden, dont les hommes sont retranchés au sommet de la montagne. Déjà lundi après-midi, 700 soldats anti-Taliban organisés en petits groupes, ont lancé une attaque contre le bunker du milliardaire saoudien et se sont emparés d’une quinzaine de grottes, dont certaines contenaient des munitions. Selon l’un des commandants afghans, Hadji Zahir, des membres d’Al-Qaïda auraient été délogés de l’ensemble de la vallée de Milawa adjacente à celle de Tora Bora. Au même moment, dans le sud du pays, des convois et des hélicoptères des Marines ont quitté leur «Camp Rhino», pour renforcer les patrouilles près de Kandahar, sans chercher à «occuper la ville», comme certains le redoutaient. Parallèlement, les Américains ont aussi commencé à bâtir un camp temporaire de prisonniers de guerre près de leur base. Pour l’heure, si Oussama Ben Laden se trouve effectivement toujours dans la région de Tora Bora, il n’en reste pas moins introuvable. sTout comme le mollah Mohammed Omar qui lui, selon plusieurs sources, se trouverait toujours dans le sud du pays… En attendant que la traque se termine, l’Allemagne et les Etats-Unis ont déclaré lundi soir s’être mis d’accord sur le déploiement d’une force de sécurité internationale en Afghanistan. Placée sous le mandat des Nations unies et dirigée par la Grande-Bretagne, celle-ci interviendra en coordination avec les troupes de combat déjà présentes en Afghanistan.

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