Onze chefs de milices anti-Qaïda tués dans un attentat suicide

Un kamikaze a fait exploser sa bombe jeudi à l’intérieur de la mairie d’Al-Karma, une petite ville proche de Falloujah, où se déroulait une réunion des chefs de ces milices sunnites, a indiqué Kamal Al-Ayache, le porte-parole de la mairie de Falloujah. «Onze de ces dirigeants ont péri et six ont été blessés», a ajouté le porte-parole de la mairie de Falloujah, ville située à 50 km à l’ouest de Bagdad et qui fut l’épicentre de l’insurrection sunnite ces dernières années. Les victimes appartenaient aux milices du «Sahwa» (les «Réveils»), mobilisées depuis début 2007 et financés par l’armée américaine pour lutter contre Al-Qaïda. Ces milices sont constituées en majorité d’anciens insurgés sunnites et de combattants tribaux et jouent un rôle important de supplétifs des forces de sécurité irakiennes et américaines. Le gouvernement de Bagdad a accueilli avec méfiance la formation de ces groupes, craignant qu’ils ne deviennent de nouvelles milices sunnites. Les Réveils, qui sont également appelés « Fils de l’Irak » ou « citoyens mobilisés », rassemblent plus de 80.000 anciens insurgés. Cet attentat intervient alors que le contrôle de la province sunnite d’Al-Anbar doit passer dans les prochains jours de l’armée américaine aux forces irakiennes. La violence avait pourtant commencé à diminuer fin 2006 dans la province d’Al-Anbar, les tribus locales, fatiguées de l’extrémisme d’Al-Qaïda, ayant rallié les troupes américaines. Depuis, Al-Anbar est devenu le symbole de stabilité en Irak. Le passage de témoin à Al-Anbar est très symbolique dans la mesure où Falloujah, l’une des grandes villes de la province, avait été l’épicentre des violences entre l’armée américaine et les insurgés sunnites après la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003. La ville de Falloujah avait été littéralement rasée lors d’une offensive de grande envergure en novembre 2004 de l’armée américaine. La province d’Al-Anbar, dont Ramadi est la capitale, sera la 10e des 18 provinces irakiennes à passer sous le contrôle de l’armée irakienne.

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