P.O : le quartette en position d’attente

P.O : le quartette en position d’attente

Réunis mercredi 21 février à Berlin, les membres du Quartette pour le Proche-Orient (la Russie, les Etats-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies) ont opté pour la stratégie du "Wait and See".
À l’issue de ce sommet, ils ont indiqué qu’ils allaient attendre la formation du gouvernement d’union nationale palestinienne pour prendre des décisions sur une éventuelle levée des sanctions.
«Nous prendrons une décision quand il sera temps de prendre une décision, mais il n’existe pas pour l’instant de gouvernement d’union nationale palestinienne», a reconnu la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, lors de la conférence de presse finale commune avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et les chefs des diplomaties allemande et russe, Frank-Walter Steinmeier et Sergueï Lavrov. «On ne doit certainement pas parler d’un boycottage», a renchéri le diplomate russe, Sergueï Lavrov. Moscou s’est prononcé d’ores et déjà pour un assouplissement de la position du Quartette sur la question de l’embargo sur l’aide. Mais le ton des propos de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a été plus tranchant, reflétant l’inquiétude de Washington face à l’idée de devoir traiter avec un gouvernement comprenant des membres du Hamas.
«Comment se pourra-t-il que vous ayez des discussions sur la paix si l’une des parties n’accepte pas le droit de l’autre partie à exister ?», a-t-elle martelé, faisant allusion au refus du Hamas de reconnaître l’existence de l’Etat hébreu. «Le Quartette a réaffirmé sa déclaration concernant son soutien à un gouvernement palestinien qui s’engage pour la non-violence, la reconnaissance d’Israël et l’acceptation des accords et engagements précédents, y compris la feuille de route», a souligné de son côté Ban Ki-moon, reprenant ainsi les trois principes déjà énoncés lors du précédent sommet des "Quatre", le 2 février.
Le Quartette a donc adopté une attitude prudente dans l’attente de plus de précisions, même si Washington a fait savoir qu’il n’aurait de contacts qu’avec un gouvernement remplissant les conditions fixées par les médiateurs.
Les Européens semblent favorables à davantage de flexibilité et voient dans le gouvernement palestinien d’union nationale un moyen d’éviter une guerre civile qui découlerait des tensions entre factions rivales dans les territoires.
Pour sa part, le gouvernement palestinien sortant issu du Hamas a réagi aux déclarations des représentants du Quartette évoquant un «changement positif» de la position des médiateurs.
«Nous considérons avec intérêt les déclarations du Quartette après sa réunion à Berlin et nous estimons qu’un changement, susceptible d’ouvrir des perspectives pour une coopération, est intervenu dans sa position», a estimé le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad, dans un communiqué publié jeudi 22 février.
Le gouvernement du Hamas a fait l’objet d’un embargo sur l’aide économique, aux effets paralysants, décrété par le Quartette. Cet embargo a été imposé au Hamas, considéré par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne comme une organisation terroriste, il y a un an, après sa victoire aux élections législatives en janvier 2006, parce qu’il refusait de reconnaître Israël.

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