Périscope : Scénario catastrophe

Les événements s’accélèrent au Proche-Orient comme si nous étions très proches de dates fatidiques. Et, visiblement, nous le sommes. C’est donc sans surprise que le Comité exécutif de l’OLP a entériné le choix du président Yasser Arafat de créer le poste de Premier ministre pour l’Autorité palestinienne et de le confier à Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen.
Une nomination qui intervient dans un climat de regain de violences rarement atteint qui s’est traduit par la mort de plus de soixante personnes en une semaine, suite à un attentat-suicide, des attaques de colonies juives et surtout de sanglantes représailles collectives des forces israéliennes.
Cet embrasement généralisé, qui menace de dégénérer dans le chaos, intervient au moment où toute l’attention est concentrée sur l’Irak sous le coup d’une occupation militaire américaine imminente. Israël savait que les différentes composantes de l’Autorité palestinienne négociaient une trêve. Pourtant, Ariel Sharon a saboté ces discussions en faisant couler beaucoup de sang palestinien. Le gouvernement israélien a délibérément marginalisé Yasser Arafat qui réclamait, à cor et à cri, un cessez-le-feu et allait l’obtenir. Ariel Sharon ne veut pas placer le conflit dans une fenêtre politique. Ni son passé ni la composition de son actuel gouvernement ne permettent la recherche d’une solution diplomatique. Il continue donc d’assassiner massivement les Palestiniens et leurs dirigeants, de bloquer leurs villes, de détruire les camps de réfugiés.
Il pousse le peuple palestinien à croire que la vie et la mort, c’est la même chose. Il faut donc s’attendre à plus de kamikazes et d’attentats-suicides. C’est la seule alternative que laisse Ariel Sharon à un peuple bouclé dans ses propres territoires, dont le président est encerclé et dont les villes sont sous couvre-feu. Israël traite Arafat comme un prisonnier et lui demande d’agir comme président et de remplir ses obligations. C’est ubuesque.
Les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir, ces derniers temps à Tel-Aviv, ont brûlé leur meilleur interlocuteur. L’Autorité palestinienne née des accords d’Oslo a vécu, même si l’idée d’une Palestine indépendante et unifiée ne disparaîtra jamais. N’en déplaise à Sharon et acolytes. Ni le Quartette, ni même le Conseil de sécurité ne semblent capables d’éviter le pire qui se prépare à l’ombre de la guerre programmée contre l’Irak. Ariel Sharon, qui a Yasser Arafat dans le viseur de sa mitraillette, a déjà le doigt sur la détente.

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