Périscope : Sharon se dévoile

La déclaration on ne peut plus arrogante du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, selon laquelle les accords d’Oslo, de Taba et de Charm Cheikh sont nuls et non avenus, confirme, si besoin est, la véritable politique des dirigeants israéliens qui s’arrangent toujours pour bloquer toute initiative de paix, d’ouverture ou de décrispation de la tension qui prévaut dans la région.
Cette déclaration de Sharon revêt une gravité particulière car elles remet en cause tout le processus qui a mobilisé d’énormes potentialités, impliqué de nombreuses personnalités éprises de paix et nécessité des mois de négociations pour dégager une plate-forme minimale qui devait aboutir a un accord historique et une reconnaissance mutuelle entre israéliens et palestiniens pour la coexistence des deux communautés.
Des voix discordantes se sont certes élevées ici et là pour dénigrer les accords, mais la volonté pacifique des négociateurs a prévalu. Balayer, aujourd’hui, d’un revers de main des accords de cette dimension, au moment même où l’autorité palestinienne ne cesse d’appeler à un règlement pacifique du conflit du Proche-Orient dans sa globalité à travers un retour à la table des négociations, va raviver la violence dans une région qui n’en a que trop souffert et donner raison aux factions les plus extrémistes, opposées à toute ouverture, à toute idée de paix juste et durable. Être hostile aux démarches déjà accomplies, renier la parole donnée et les accords signés, reflète une réelle volonté de maintenir le Moyen-Orient dans son statut actuel, celui d’une région ouverte à tous les dérapages et aventures. L’anniversaire du 11 septembre est là pour nous le rappeler.
Le premier ministre israélien confirme de nouveau sa nature belliciste. Il est du devoir de toutes les volontés éprises de paix de le dénoncer avec vigueur et de s’élever fermement contre cette nouvelle dérive qui risque de se répercuter sur ceux qui se croient déjà à l’abri. La paix basée sur la légalité internationale est l’unique voie de salut pour Israël. L’oublier, c’est hypothéquer l’avenir, faire le jeu des extrémistes et ouvrir grand le chemin de l’aventurisme. Les Etats-Unis, l’ONU et l’Union européenne doivent sortir de leur mutisme pour garantir la pérennité des accords dont ils sont les parrains et les garants, sans quoi, leur silence peut être interprété comme un feu vert à Sharon qui continue d’exploiter à loisir la situation entretenue par Washington après les événements du 11 septembre.

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