Périscope : Tensions en Kabylie

Les autorités algériennes ont mis en place en Kabylie un dispositif militaire exceptionnel, en prévision des élections locales du 10 octobre prochain. La Kabylie ne semble pas en état d’abriter une consultation électorale. La situation y est explosive et les dérapages sont prévisibles. La police algérienne et les brigades anti-émeutes sont déjà mises en «alerte deux», ce qui reflète la gravité de la situation. Malgré la répression, les Kabyles semblent déterminés à boycotter massivement le scrutin. Ils viennent d’ailleurs d’adopter un train de mesures alliant marches, grèves générales et blocage des routes pour la journée du scrutin.
La réponse du pouvoir algérien ne fait pas dans la nuance. Il a tout simplement mis en place un dispositif militaro-policier très musclé. Une armada chargée d’assurer coûte que coûte la tenue du scrutin du 10 octobre. Cette attitude, qui consiste à donner de la troupe chaque fois que le pouvoir est acculé, semble faire peu de cas de la détermination du mouvement citoyen à revendiquer son émancipation à travers l’organisation d’élections libres et transparentes. L’envoi de troupes est interprété par les Kabyles comme une provocation du régime décidé à leur confisquer leur liberté et propre à jeter de l’huile sur le feu.
L’obstination du régime algérien, qui tient à ses élections contre la volonté populaire, risque de conduire à terme à une sécession de la Kabylie. En tout cas, les prémices d’une guerre civile pointent à l’horizon Kabyle.
Ces élections apparaissent comme un test pour la classe politique algérienne plus divisée que jamais. Elles interviennent dans un contexte de désaffection, de rupture et de tensions. Les stigmates de la forte abstention lors des dernières élections législatives sont encore vivaces. Celles du 10 octobre risquent de l’être davantage. Elles vont, encore une fois, confirmer le réel déficit de légitimité dont soufre le pouvoir algérien. IL est confronté à une épreuve sérieuse, car il est appelé à faire l’exégèse de la sanction populaire des boycotteurs lors des élections locales. Au-delà des choix des uns et des autres, c’est le spectre de la violence fratricide qui est en perspective.

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