Périscope : Théâtre politique à Baghdad

Le rejet par le Parlement irakien de la résolution 1441 du Conseil de Sécurité de l’ONU relève davantage d’une mise en scène que d’une prise de position digne de ce nom. Ce Parlement n’est autre qu’une chambre d’enregistrement dont les résolutions n’engagent pas les autres pouvoirs irakiens.
Sa convocation est assimilée à une mise en forme plutôt qu’à un débat démocratique. Il faut donc attendre la réaction de Saddam Hussein lui-même, qui ne saurait tarder, pour savoir si l’Irak va jouer loyalement le jeu. Comme à son habitude, le président irakien attendra la dernière minute pour plonger. Car les jeux sont bel et bien faits et la réaction musclée du Parlement irakien, «pur théâtre politique» n’y changera strictement rien, la date butoir arrive à terme demain. Le moment de vérité approche.
Saddam Hussein est tenu de se conformer à la résolution 1441 du Conseil de Sécurité de l’ONU s’il veut éviter d’exposer son peuple à de terribles épreuves, car George Bush veut déclencher la guerre. D’ailleurs tout est déjà en place pour cette option à la fois probable et ultime : Le plan fignolé par les stratèges militaires américains ne demande qu’à être lancé. Ce plan testé en Afghanistan a prouvé son efficacité. Le jeu est donc terminé et, si une frappe devient inévitable, les Etats-Unis auront le dernier mot. Il faut s’en convaincre loin de tout chauvinisme béat ou nationalisme irréaliste. À les entendre, ils n’ont même pas besoin de l’accord du Conseil de Sécurité. Ils affirment que l’unanimité qui s’est dégagée autour du texte voté, même la Syrie était pour, les exempts de tout appel. Aucune manoeuvre, aucun report n’a de sens désormais car il y a consensus autour de la nécessité de rendre le monde plus pacifique en désarmant Saddam Hussein. On est entré dans la phase de tolérance zéro, à l’égard du régime irakien. Saddam Hussein a le fusil sur la tempe.
Cette guerre semble d’ailleurs inévitable, qu’il accepte ou n’accepte pas la résolution 1441. Elle s’y prête à merveille puisque son libellé permet toutes sortes de lectures. Elle a été rédigée de façon vague avec cependant des conditions plus qu’humiliantes pour l’Irak. Ce pays est ainsi tenu de fournir dans les 30 jours toutes les informations concernant son potentiel militaire.
Les inspecteurs en désarmement auront toute latitude de visiter le moindre mètre carré des palais présidentiels. Ajoutées à d’autres mesures contraignantes, ces décisions pourraient amener Saddam Hussein à faire de faux pas. Or, à la moindre alerte, George Bush se dit prêt à appuyer sur la gâchette.

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