Powell voyage, Sharon gagne du temps

A Damas, le secrétaire d’Etat américain devait rencontrer le président Bachar Al-Assad et le chef de la diplomatie, Farouk Al-Chareh. Damas et Beyrouth sont deux étapes qui n’etaient pas prévues dans le programme de la tournée de Powell dans la région. Les responsables officiels syriens n’ont jusque-là pas commenté l’escalade sur la frontière libano-israélienne. Mais dans les milieux politiques syriens, on souligne que Damas « ne jouera pas le rôle de gendarme » sur la frontière avec Israël. Auparavant, c’est un Liban assez hostile qui avait accueilli M. Powell, lundi, avec des manifestants lui demandant de repartir et un gouvernement l’avertissant que les attaques transfrontalières de la guerilla contre les forces israéliennes vont probablement se poursuivre. « Il y a un danger très réel dans la situation qui prévaut le long de la frontière et qui pourrait entraîner l’élargissement du conflit à toute la région », a souligné Powell devant les journalistes à l’issue de son entretien avec le président Emile Lahoud.
Celui-ci avait rétorqué qu’Israël portait la responsabilité du regain des affrontements parce que l’Etat hébreu n’a pas évacué les territoires arabes occupés. Powell a notamment demandé à ses interlocuteurs de museler les militants du Hezbollah pro-iranien et les empêcher de se livrer à des attaques sur les soldats israéliens depuis le sud du Liban et des territoires syriens occupés par l’Etat hébreu. Dimanche, il avait successivement rencontré Yasser Arafat et Ariel Sharon sans réussir à arracher un cessez-le-feu, mais s’était vu proposer une conférence sur le Proche-Orient par le chef du gouvernement israélien. Sharon, qui s’est entretenu pour la deuxième fois en trois jours avec Colin Powell à Tel-Aviv, lui a répété que les troupes israéliennes ne se retireraient de la Cisjordanie que «quand elles auraient achevé leur opération », et n’a pas fourni de calendrier. Il a également répété ses griefs conte le président palestinien… Sharon a indiqué avoir proposé à M. Powell la tenue d’une conférence destinée à régler le conflit du Proche-Orient.
Une conférence régionale à laquelle participeraient un certain nombre de pays, dont la liste n’est pas close, sous l’égide des Etats-Unis. Aucune mention n’a été faite ni de l’Europe, ni du président palestinien.
Des analystes estiment que « s’il s’agit de faire la paix avec les Arabes, Sharon doit d’abord répondre à l’initiative saoudienne. Et on connaît sa réponse, elle est négative». Et d’ajouter que l’objectif réel de Sharon est en fait de désamorcer la pression internationale sur Israël». Une proposition accueillie également avec scepticisme par les chefs de la diplomatie des Quinze, réunis à Luxembourg. Josep Piqué, le ministre espagnol des Affaires étrangères, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, a déclaré que : «si M. Sharon veut seulement parler à ceux qui lui donnent raison, il va rester très vite sans interlocuteurs».
Toutefois, les ministres européens semblaient peu disposés à discuter de l’éventualité de sanctions à l’encontre d’Israël, en soulignant que l’essentiel pour le moment était la « réussite » de la mission entreprise dans la région par Colin Powell. De son côté, Shimon Peres, le ministre israélien des Affaires étrangères estime que ladite conférence internationale devrait permettre d’«ouvrir un horizon politique» et qu’elle pourrait se tenir «dans un avenir proche, quelques semaines», avec «beaucoup de pays, sous l’égide des Etats-Unis». Pour sa part, le président palestinien Arafat s’est dit prêt à accepter ce projet à condition que le président américain George Bush s’y rallie.

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