Raul Castro refroidit les espérances de réformes

Devant 10.000 personnes réunies dans la caserne de la Moncada, à Santiago de Cuba, où son frère Fidel et ses partisans lancèrent un assaut avorté contre l’armée le 26 juillet 1953, Raul Castro a au contraire prévenu les Cubains qu’il fallait «s’attendre à ne pas recevoir que des bonnes nouvelles».
Il y a 15 jours, devant l’Assemblée nationale, le président cubain avait averti que les hausses de salaires pourraient ralentir et plaidé pour une augmentation de l’âge de la retraite afin de faire face au ralentissement de l’économie mondiale.
«La révolution a fait et continuera de faire ce qu’elle peut pour toujours avancer et réduire les conséquences inévitables de la crise internationale actuelle», a-t-il déclaré samedi à Santiago. Ce discours tranche avec celui qu’il avait prononcé l’an dernier, quand il avait admis que les salaires cubains étaient trop bas et promis des changements économiques. «Franchement, je m’attendais à autre chose», a avoué un retraité, Antonio Rodriguez, après avoir écouté le chef de l’Etat. Depuis qu’il a succédé à Fidel Castro en février, Raul Castro a levé un certain nombre d’interdictions dans l’île. Il s’est en particulier attaqué au secteur agricole en accordant plus de terres aux paysans travaillant à leur compte et aux coopératives, dans le but de favoriser la production locale et de résister à la hausse du coût des importations. Le président, qui est âgé de 77 ans, a pris des mesures plus symboliques, en autorisant les Cubains à posséder un téléphone portable ou un ordinateur et à fréquenter les hôtels jadis réservés aux touristes étrangers. Tous ces pas ont fait naître des spéculations, beaucoup d’observateurs présentant Raul Castro comme quelqu’un de fasciné par la Chine et son « socialisme de marché ».
Aucun responsable cubain n’a à ce jour confirmé cette volonté politique même si le président a souvent plaidé ces derniers mois en faveur d’une modernisation de l’économie et en se faisant l’ennemi des « obstacles à la productivité ». Après l’épisode du 26 juillet 1953, de nombreux révolutionnaires furent emprisonnés mais les castristes finirent par l’emporter cinq ans et demi plus tard, en janvier 1959.

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