Rome estime que Madrid n’a pas de leçon à lui donner

Tout en cherchant l’apaisement, Rome a répliqué lundi aux critiques de Madrid contre sa politique de répression accrue en matière d’immigration, affirmant que le gouvernement Zapatero avait lui-même adopté une attitude «très dure» à l’égard des clandestins. Le gouvernement de gauche de José Luis Rodriguez Zapatero a eu une politique «dure et même très dure» dans ce domaine qui pourrait même servir d’«exemple» à l’Italie, a déclaré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini après de nouvelles accusations de Madrid. Dimanche, un ministre espagnol avait, pour la seconde fois en trois jours, attaqué le nouveau gouvernement de droite de Silvio Berlusconi, l’accusant de vouloir «criminaliser» les immigrés avec le train de nouvelles mesures qu’il s’apprête à annoncer mercredi contre l’immigration clandestine. Vendredi, c’était la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega, qui avait déclaré ne pas «partager la politique d’expulsions sans respect de la loi et des droits humains des immigrés» en Italie. Alors que les relations entre Rome et Madrid étaient sans nuages à l’époque du gouvernement de gauche de Romano Prodi, une jeune ministre espagnole, Bibiana Aido (Egalité des chances), a en outre attaqué Silvio Berlusconi sur un autre front, celui de la composition de son gouvernement qui ne compte que quatre femmes. Elle a jugé dimanche que ce «ce serait bien» si le Cavaliere consultait un psychiatre, après ses moqueries sur le gouvernement espagnol à majorité féminine. Cherchant visiblement à calmer le jeu, M. Frattini s’est dit lundi «convaincu» que «Zapatero saura expliquer (…) et donner l’ordre à ses ministres d’éviter de se livrer à des déclarations inutilement polémiques».
Le tour de vis que le nouveau gouvernement italien s’apprête à donner contre l’immigration clandestine, après une campagne électorale dominée par les questions de sécurité, a déjà suscité les craintes de la Roumanie, dont le ministre de l’Intérieur a été dépêché à Rome la semaine dernière. Bruxelles devrait aussi examiner à la loupe les nouvelles mesures pour s’assurer qu’elles respectent bien les directives européennes, notamment en ce qui concerne les Tziganes, qui seraient particulièrement visés par le «plan sécurité» après plusieurs faits divers exploités par la droite et les médias dans lesquels des Roms ont été mis en cause.

• Françoise Michel (AFP)

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