Rumsfeld attaqué par des généraux à la retraite

Le général de réserve John Batiste, qui avait réclamé au printemps dernier la démission du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, est revenu à la charge lundi au Sénat en affirmant que la conduite de la guerre en Irak avait alimenté le fondamentalisme musulman et engendré de nouveaux ennemis de l’Amérique.
Ses déclarations sont confortées par les fuites dans la presse d’un rapport de synthèse des agences du renseignement américain, qui conclut que la guerre en Irak a accentué le terrorisme et renforcé l’islamisme armé.
«On peut soutenir que le conflit irakien a rendu l’Amérique moins sûre qu’elle ne l’était le 11 septembre 2001», a affirmé le général Batiste, qui a commandé la première division d’infanterie en Irak en 2004-2005.
«Si nous avions sérieusement exposé et examiné l’ensemble des exigences d’une guerre en Irak, nous aurions probablement choisi une ligne de conduite différente qui aurait maintenu la priorité à notre action en Afghanistan, n’aurait pas nourri le fondamentalisme musulman à travers le monde et n’aurait pas créé plus d’ennemis qu’il n’y avait d’insurgés», a-t-il poursuivi.
Entendus par une commission sénatoriale à la demande des démocrates, Batiste et deux autres anciens officiers supérieurs des forces américaines ont vertement critiqué les plans du Pentagone, coupable à leurs yeux d’avoir sous-estimé les effectifs nécessaires à la mission et d’avoir nourri la colère des Irakiens par des détentions abusives.
«Probablement 99% de ces gens n’étaient coupables d’absolument rien», a dit le général Batiste en évoquant les milliers d’Irakiens qui ont été emprisonnés à Abou Ghraïb.
«Mais la façon dont nous les avons traités, la façon dont nous avons abusé d’eux en ont fait à jamais des adversaires de l’effort engagé en Irak.»
Entendu par la même commission, un ancien colonel des Marines, Thomas Hammes, a comparé la stratégie américaine en Irak au "Whack-a-mole", un jeu de foire où le joueur, armé d’un gros marteau, doit écraser des têtes qui sortent sans cesse d’une planche.
Le colonel Hammes a ajouté qu’il faudrait sans doute dix années supplémentaires pour que les Etats-Unis réussissent en Irak tandis que le général de réserve Paul Eaton a plaidé pour l’envoi de 60.000 soldats supplémentaires.
Le contingent américain en Irak représente actuellement 142.000 soldats.

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