Saïd Bouteflika : l’homme du président

Saïd Bouteflika : l’homme du président

Dans les pays développés, la santé des chefs d’Etat est naturellement une affaire d’Etat. C’est le cas de la France par exemple. Toutefois, quand il s’agit d’un pays du Tiers-monde, on ne parle plus d’affaire d’Etat, mais plutôt d’affaire familiale. Et les exemples ne manquent pas. Quand l’ancien président palestinien, Yasser Arafat fut hospitalisé, sa femme est montée au créneau. Elle avait empêché plusieurs responsables palestiniens de lui rendre visite. Le cas du président algérien Abdelaziz Bouteflika n’échappe pas à cette règle.
Au nom du secret médical, la famille de Bouteflika et surtout son frère, Saïd Bouteflika, n’a laissé filtrer aucune information. Les responsables de l’Etat, notamment le chef de l’Exécutif et le représentant personnel du chef de l’Etat, se sont contentés de quelques déclarations dans lesquelles rien de précis n’a été dit. Ils avaient seulement déclaré que l’état de santé du président s’améliorait et qu’il sortira bientôt de l’hôpital.
Lors de l’hospitalisation du président algérien, le chef du gouvernement a affirmé, deux fois, que l’état de santé de Bouteflika était en amélioration constante.
«Sa santé est loin d’être source d’une quelconque inquiétude et (…) après avoir subi un problème médical lié à des troubles gastriques, le chef de l’Etat est en train de passer quelques jours de convalescence tout à fait normale», avait-t-il déclaré. Ce qui laisse croire que lui-même n’était pas bien informé vu qu’il n’a pas donné plus de détails à savoir combien de temps le président va-t-il rester en convalescence ?
Seul Saïd Bouteflika, en tant que frère du président algérien, ainsi que certains membres de la famille, étaient au parfum.
Même le bilan médical rendu public, le 5 décembre 2005, s’était limité à un diagnostic général sur la nature de la maladie de M.Bouteflika, à savoir un ulcère hémorragique au niveau de l’estomac.
En Algérie, les responsables avaient déclaré que le président algérien dirigeait le pays depuis l’hôpital.
Donc, à les en croire, chaque décision était prise après une consultation avec le président. À se demander si ce n’était pas son frère qui tirait les ficelles en son absence? Fort probable. Certaines personnalités algériennes voient en cet homme très discret un éventuel successeur du président.
Après que le président algérien ait quitté l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, la discrétion resta le mot d’ordre. Aucune indication n’avait été donnée de source officielle sur son nouveau lieu de séjour, mais selon l’agence française AFP qui cite des sources correspondantes, M.Bouteflika séjournerait à l’hôtel Meurice, un palace parisien.
«Le président algérien poursuit sa convalescence dans une suite de l’hôtel Meurice», un établissement situé en face du jardin des Tuileries, où il avait séjourné dans le passé lors de déplacements en France, avait indiqué le 20 décembre une des sources de l’AFP sous couvert de l’anonymat.
Le président Abdelaziz Bouteflika était apparu à la télévision algérienne samedi 17 décembre, quelques heures après être sorti de l’hôpital du Val-de-Grâce, filmé en compagnie du Professeur algérien Messaoud Zitouni qui l’a accompagné à Paris depuis son hospitalisation, le 26 novembre. Messaoud Zitouni était la seule personne, en dehors du cercle familial, à avoir accompagné le président algérien.
Le chef de l’Etat algérien, qui semblait quelque peu fatigué mais souriant, était apparu décontracté en compagnie de son médecin devant des photographes et cameramen algériens, assis dans un canapé couleur carmin, près d’un drapeau national algérien.
Récemment, Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du FLN et ministre conseiller du chef de l’Etat, a affirmé que le président algérien rentrera en Algérie avant la fin de la semaine. Calendrier présidentiel oblige. En effet, le projet de loi de Finances algérien devra être paraphé avant le 31 décembre 2005.  

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *