Sarkozy face à la fronde contre le travail dominical

Sarkozy face à la fronde contre le travail dominical

Avec son opposition, Nicolas Sarkozy s’apprête à croiser le fer parlementaire sur au moins deux sujets explosifs. Le premier concerne la réorganisation de l’audiovisuel public par la suppression graduelle de la publicité au sein de France Télévision. Le second touche un texte sur l’extension du travail le dimanche, une promesse de Nicolas Sarkozy en cours de réalisation. Le texte en question a été programmé sur l’agenda parlementaire pour le 11 décembre. Signe que le gouvernement est décidé à aller jusqu’au bout dans sa réforme du travail dominical.
Ce texte, plus connu sous le titre proposition de loi Mallié, qui autorise l’ouverture des magasins le dimanche dans des zones touristiques et des agglomérations de plus d’un million d’habitants comme Paris, Lyon, Marseille ou Lille, présente la particularité d’être contesté et par l’opposition classique et par une tendance lourde au sein de l’UMP, parti du président.
S’il n’a pas encore été possible de détecter le nombre de parlementaires UMP opposés à ce texte, la gronde est suffisamment forte pour alerter sur sa gravité et ses possibles conséquences politiques. De l’aveu même de nombreux participants, une réunion consacrée au sujet sous la houlette de Jean-François Copé, patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale, n’a pas réussi à faire entrer dans les rangs les récalcitrants. Bien au contraire, elle avait montré l’énorme fossé qui guette la majorité présidentielle sur un sujet aussi délicat que la travail dominical. Par la voix entre autres du secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, le gouvernement avait tenté de minimiser l’importance de cette fronde : «Ce n’est pas un échec qu’il y ait des gens qui restent sur leurs postions philosophique , morale ou religieuse…. Ça peut être respectable et naturellement, nous n’avons pas du tout l’intention de forcer». Tandis que Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’Industrie et à la Consommation se veut rassurant avec des garanties indiscutables : «C’est très important que nous inscrivions pour la première fois dans la loi le droit de refus parce que le travail du dimanche doit rester une liberté».
Les socialistes aiguisent déjà leurs armes pour lancer la bataille contre ce texte. De passage à l’Assemblée nationale, la nouvelle secrétaire du PS Martine Aubry a donné le ton : «avoir un moment sans consommation, c’est aussi ça, vivre en société». Alors que le patron des députés PS promet de «lancer la bataille contre ce texte» maintenu «malgré son impopularité».
 Il faut dire que dans cette affaire de travail dominical, Nicolas Sarkozy affronte une muraille d’opposition et de réserves, à commencer par l’opinion des Français, eux-mêmes dont une majorité (84%) estiment «primordial et important que le dimanche reste le jour de repos commun à tous les salariés». C’est ce qui ressort d’un sondage Ipsos/CFTC/Famille Chrétienne/RCF/Radio Notre-Dame.
Position relayée par certaines autorités religieuses comme le primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin qui lance cet appel dans une tribune publiée mardi dans le journal «Le Monde» : «Ne sacrifions pas le dimanche simplement pour gagner plus».
Mais l’opposition la plus farouche à ce texte sur le travail dominical vient naturellement des syndicats. Dans une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière (FO), tente d’instrumentaliser la fibre familiale : «Quelle vie privée, quelle vie de famille lorsque l’un des parents travaille le samedi, l’autre le dimanche et ont des jours de repos hebdomadaire différents? (…) Qui gardera les enfants des salariés en activité le dimanche?». Le verdict de la CFDT est tranchant et sans appel : «Ce texte est contreproductif sur le plan social: il risque de détruire de nombreux emplois dans le petit commerce de proximité». Nicolas Sarkozy et le gouvernement François Fillon auront à surmonter toutes ses difficultés pour faire adopter ce texte au Parlement et le faire accepter par des Français réticents. Il s’agit de casser une barrière psychologique sur un sujet susceptible de fédérer les résistances.

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