Sarkozy ouvre à droite sans fermer à gauche

Sarkozy ouvre à droite sans fermer à gauche

Le grand cyclone des régionales aurait-il accouché d’un minuscule orage local ? C’est en tout cas l’impression laissée par les mesures prises par Nicolas Sarkozy au lendemain de la déroute des régionales qui a vu tous ses ministres engagés dans la bataille se casser les dents lourdement. Personne en réalité ne pensait que le président de la République allait procéder à un grand chambardement au lendemain de ce qui ressemble à un séisme électoral, pour la simple raison que, sondages à l’appui, la désaffection et le désaveu touchent plus son nom que sa majorité, ni même comble de l’ironie, son Premier ministre François Fillon. A la place d’une profonde reconfiguration de l’exécutif, Nicolas Sarkozy a choisi de procéder a minima, mais avec des nominations plus politiques que techniques. Par trois petits coups, il a tenté d’adresser un message à trois grandes sensibilités de la droite, histoire de calmer les aigreurs, de transformer en douceur la donne, sans donner l’impression d’avoir cédé sous la pression. Première famille visée par ordre croissant de la capacité de nuisance, la famille centriste avec l’entrée au gouvernement de Marc-Philippe Daubresse, nommé ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives. Une grosse œillade aux anciens centristes de l’ex-UDF qui avaient rejoint avec armes et bagages l’UMP du président Sarkozy et qui attendaient sur le quai de la gare d’être récompensés de leur dévouement. Seconde famille visée, celle des chiraquiens restés fidèles à l’ancien président de la République. Passé le traumatisme dû au départ de leur champion et à l’ostracisme explicite dont ils tombèrent victimes de la part de la nouvelle gouvernance, ces fidèles de Jacques Chirac s’étaient repliés au sein des instances du parti ou dans les limbes du groupe parlementaire UMP. Leurs mauvaises humeurs, souvent exprimées hors cape, ont participé à installer un climat de défiance au bord de la rupture avec Nicolas Sarkozy. Mais au fur et à mesure que la tension monte et que l’insolente popularité de Jacques Chirac écrase la cote de désamour de Nicolas Sarkozy, il devenait urgent de leur adresser un signal. D’où l’entrée au gouvernement de François Baroin, le protégé de Jacques Chirac, au ministère du Budget. Troisième famille à adouber est celle des fidèles de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin. Tout le monde connaît la guerre homérique qui l’oppose à Nicolas Sarkozy et dont l’affaire Clearstream continue d’être le théâtre shakespearien. Les «villepinistes» avaient ouvertement choisi la voie de l’opposition à Nicolas Sarkozy. Ils furent ces derniers temps parmi ceux qui élevèrent contre lui les réquisitoires les plus pointus. En faisant entrer Georges Tron, un proche de Dominique de Villepin, au poste de secrétaire d’Etat auprès du ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, chargé de la Fonction publique, Nicolas Sarkozy espère désarmer un adversaire qui avait juré sa perte. Dominique de Villepin, qui n’a toujours pas publiquement commenté les résultats de ces régionales, se prépare à lancer jeudi prochain un mouvement politique qui peut se transformer en juin prochain en parti politique, avec un seul et unique objectif, faire un magistral croche-pied à Nicolas Sarkozy et empêcher sa réélection.

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