«Ségolène lance un message d’espoir»

«Ségolène lance un message d’espoir»

Aujourd’hui Le Maroc : L’Afrique suit avec attention le déroulement de la campagne électorale pour les présidentielles d’avril prochain. Que peut attendre le continent noir du nouveau patron de l’Elysée ?
Monique Cerisier : Dans son programme pour l’Afrique, Ségolène Royal, candidate socialiste en lice pour les présidentielles, affiche clairement sa volonté de développer une véritable coopération sur le terrain et de favoriser le co-développement. Les apports de la France doivent toucher directement les personnes concernées, particulièrement les femmes et les jeunes, mais aussi les quartiers et les villages. A côté des grands projets d’infrastructures, il faut que les personnes (les étrangers) qui vivent en France puissent participer, en première ligne, au développement de leurs pays d’origine. Les régions, à mon avis, sont le lieu le plus pertinent pour soutenir l’économie d’un pays. C’est pourquoi il faut encourager cette coopération entre les régions françaises et leurs homologues des pays étrangers. Les régions sont aptes à développer une coopération plus concrète, plus pragmatique, plus efficace quand il s’agit de projets d’éducation, de santé ou de formation professionnelle. L’avenir d’un pays dépend de son ouverture au monde et la France c’est aussi tous ces Français qui vivent à l’étranger et qui ont des liens personnels avec un autre pays du monde.

Quel message adressez-vous à la communauté française résidant au Maroc ?
Je lance un appel à la mobilisation de tous les Français vivant dans ce pays ami pour aller voter car le vote de chacun d’eux compte.
Les 32000 Français inscrits dans les différents consulats du Royaume dont la moitié a la double nationalité (marocaine et française), affichent une volonté de voter et de s’acquitter de leur devoir civique compte tenu de l’importance de cet évènement. Toutes les mesures ont été prises pour permettre à ce scrutin de se dérouler dans de bonnes conditions.

Le dépouillement du vote des Français du Maroc, lors des élections présidentielles de 2002, a montré qu’un pourcentage quelque peu élevé de cette communauté a voté Le Pen. Comment expliquez-vous ce penchant pour l’extrême droite ?
Le vote pour Le Pen s’explique par le fait qu’une partie de l’électorat rejoint la vieille extrême droite traditionnelle avec la ferme conviction que c’est par la protection à l’intérieur des frontières et le rejet de l’étranger qu’on peut résoudre les problèmes difficiles, notamment la perte de l’emploi par la délocalisation des industries traditionnelles. Il s’agit d’un électorat qui ne se sent plus représenté par le Parti communiste et qui cherche l’amélioration de sa vie dans le repli et la crispation. Ce qui n’est pas acceptable, c’est la dimension xénophobe de ce choix. L’insécurité, par exemple, vient de l’abandon des populations et des quartiers où la vie est la plus difficile. Pour lutter contre la délinquance, il faut une police de quartier qui a une dimension humaine, une police qui connaît tout le monde. Il faut la reconquête d’un avenir crédible et Ségolène Royal donne un message d’espoir aux familles en garantissant l’instruction et l’éducation pour préparer les jeunes à devenir des adultes responsables.

Paris a constitué la première étape d’une tournée qu’effectuent des délégations marocaines dans plusieurs capitales des pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies pour leur présenter le projet  d’autonomie au Sahara. Que pensez-vous de la proposition marocaine ?
Le projet d’autonomie pour les provinces du sud du Maroc est sage et prometteur, même si je ne connais pas tous les détails de la proposition marocaine. Il faut que le Maroc et l’Algérie cessent de perdre leur énergie et leur force dans ce conflit qui peut être justement résolu par une solution médiane, réaliste et réalisable. J’estime que les deux pays ont mieux à faire pour l’avenir de leurs populations que de focaliser sur un conflit territorial dépassé. 

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